mercredi, mars 3
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RDC: le président Félix Tshisekedi appelé à sauver la presse

Dans une lettre ouverte, Observatoire pour la Liberté de la presse en Afrique (OLPA), une organisation de défense et de promotion de la liberté d’informations, exhorte le président Tshisekedi à sauver ce qui peut encore l’être en République démocratique du Congo.

Cette lettre intervient trois jours après la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai de chaque année. Les membres du Comité exécutif de l’Observatoire de la liberté de la presse en Afrique (OLPA) en ont profité  pour publier la lettre ouverte intitulée « Sauvez ce qui peut encore l’être, la presse s’étouffe ».

L’OLPA y interpelle le Chef de l’État sur la situation de la liberté de la presse depuis 15 mois et la précarité des conditions socioprofessionnelles des journalistes en RDC. Témoins privilégiés du paysage médiatique congolais depuis plus d’une décennie, les membres du Comité exécutif de l’OLPA ne sauraient rester indifférents face à la situation relativement inquiétante que traverse la presse nationale, et se refusent de s’abriter derrière le mur du silence.

Elle note que l’avènement au pouvoir, le 24 janvier 2019 de. Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a suscité beaucoup d’espoirs dans le chef des professionnels des médias exerçant en RDC, surtout après son engagement de faire de la presse un véritable quatrième pouvoir aux côtés de trois autres pouvoirs traditionnels.

L’OLPA estime que  le statut d’ancien opposant politique de FATSHI et témoin oculaire des brimades vécues par la presse auguraient des lendemains meilleurs.

D’où, la kyrielle des rassemblements de protestation de plusieurs journalistes de Kinshasa au cours du mois de février 2019. Ils voulaient exprimer leur ras-le-bol après plusieurs années de terreur et d’étouffement de toute action de protestation, relève-t-elle.

L’OLPA se dit « inquiète » de la situation de la liberté de presse depuis 15 mois. « Nos services ont pu documenter plus d’une centaine de  cas d’atteintes au droit d’informer et d’être informé, dont la majorité des auteurs sont des agents de différents services étatiques », se désole l’OLPA.

Elle fait savoir au Chef de l’État que la  situation des journalistes serait encore pire si Félix Antoine Tshisekedi n’avait pas interdit à certains services de l’État  à l’instar de l’Agence nationale des renseignements (ANR), de ne plus détenir de paisibles citoyens pendant plus de 48 heures.

L’organisation indique  dans sa correspondance  à FATSHI, qu’il ne se passe pas une semaine sans que son département d’Alertes et enquêtes ne soit saisi d’un cas d’interpellation ou de menace contre un journaliste ou un média travaillant dans une des 26 provinces du pays.

Des médias en déclin des journalistes minables

L’OLPA constate que la conjoncture économique difficile et la pandémie de Coronavirus ont contribué, de manière significative, à la détérioration des conditions socio-professionnelles des journalistes et des médias.

« La presse écrite congolaise est au bord de la faillite. Les journaux sont quasiment invisibles sur le marché dans 25 provinces du pays. Plusieurs dizaines de journalistes ont été mis en congé technique au cours de ces dix derniers mois. Situation similaire dans la presse audiovisuelle où plusieurs autres ont été licenciés abusivement après des mouvements de protestation de février 2019″, fait remarquer l’OLPA dans sa lettre à FATSHI ».

La structure dirigée, par Me Alain Kabongo Mbuyi, indique que si le secteur public tient encore le coup, l’audiovisuel privé est également asphyxié.

Les médias en ligne ne sont pas non plus épargnés par la crise. Les conditions de travail des journalistes nationaux, travaillant pour le compte des médias internationaux m, sont aussi précaires que vous ne pourriez l’imaginer. 

L’OLPA regrette que l’État congolais semble s’être désengagé de son obligation d’aide directe et indirecte à la presse, consacrée par les dispositions de la loi du 22 juin 1996.

 « Il est grand temps que vous brisiez de nouveau le silence et que vous passiez aux actes en tentant de sauver encore ce qui peut l’être. La presse, qui vous a accompagné dans votre combat pour l’avènement de l’État de droit,  s’étouffe lentement et progressivement », avertit l’OLPA.

Elle prie le président de la République  de bien vouloir interdire formellement les services de l’État de porter atteinte à la liberté de presse garantie par les instruments juridiques nationaux et internationaux relatifs aux droits de l’homme sur toute l’étendue de la RDC.

GK

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