mercredi, avril 14
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Le HCR s’inquiète de la flambée de violences et les déplacements des populations à l’est de la RDC

Le Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) se dit « alarmé » par la hausse continue des violentes attaques menées contre les populations locales dans la province de l’Ituri, en République démocratique du Congo (RDC), où plus de 200 milles personnes ont été forcées de fuir leurs foyers durant ces deux derniers mois seulement.

Le HCR se dit aussi préoccupé par le rétrécissement de l’espace pour l’aide humanitaire, car « les attaques continuent de nuire à notre capacité d’atteindre les personnes qui ont désespérément besoin d’aide ». Ainsi, l’agence onusienne lance un appel à toutes les parties au conflit à respecter la vie des civils et le travail humanitaire.

Selon le HCR, environ « 5 millions de personnes sont aujourd’hui déracinées en RDC, dont 1,2 million dans la province de l’Ituri ». « Les tensions sont en hausse depuis décembre 2019 lors du lancement d’une opération militaire dirigée par le gouvernement contre divers groupes armés, semant la terreur dans la région. La violence a explosé depuis la mi-mars, alors que le nombre de contre-attaques menées par des groupes armés s’est multiplié », a affirmé Andrej Mahecic, porte-parole du HCR, au cours d’une de la conférence de presse tenue, vendredi 08 mai 2020 au Palais des Nations, à Genève.

Violations graves des droits humains

Dans la province de l’Ituri, le HCR et ses partenaires ont enregistré plus de 3000 violations graves des droits humains dans le territoire de Djugu au cours des 60 derniers jours, résultant de près de 50 attaques menées contre la population locale en moyenne chaque jour.

Les personnes déplacées ont signalé des actes de violence extrême, avec « au moins 274 civils ayant été tués au moyen d’armes comme des machettes. Plus de 140 femmes ont été violées et près de 8000 maisons ont été incendiées », a noté Andrej Mahecic.

Conformément aux tendances antérieures, poursuit-il, la grande majorité des personnes déplacées sont des femmes et des enfants – qui vivent désormais dans des conditions de surpeuplement au sein de familles d’accueil. « D’autres dorment en plein air ou dans des bâtiments publics, comme des écoles qui ne sont actuellement pas utilisées pour les classes en raison des mesures de lutte contre la pandémie de Covid-19 », selon le porte-parole du HCR. Et d’ajouter, tant les personnes déplacées que leurs hôtes sont vulnérables aux attaques et contre-attaques survenant de façon répétitive ainsi qu’à la violence continue.

Les déplacés, une cible des groupes armés

D’après le HCR, certains déplacés qui avaient tenté un retour chez eux, sont de nouveau la cible d’attaques et de menaces continuelles de la part des groupes armés. « Le 24 avril, quatre rapatriés ont été tués dans la ville de Nyangaray, tandis qu’une vingtaine de familles ont été enlevées par un groupe armé. Dans le territoire de Mahagi, deux personnes déplacées de retour auraient été enterrées vivantes par un groupe d’hommes armés, après avoir été accusées d’avoir volé l’équivalent de 6 dollars », a expliqué Andrej Mahecic.

Il souligne que l’accès humanitaire aux territoires de Djugu et de Mahagi est fortement restreint. « Les principales routes reliant la capitale de la province, Bunia, au territoire de Djugu, ont été complètement fermées pendant près de trois semaines en avril, et demeurent encore trop incertaines pour les transports de matériel de secours », a-t-il expliqué.

Le HCR se dit préoccupé par la sécurité des personnes déplacées et craint que le manque d’aide humanitaire n’ait un impact désastreux, car les possibilités de sources de revenus sont aujourd’hui réduites du fait de la pandémie de Covid-19. La faim pose également un risque réel du fait de la hausse des prix alimentaires en raison de l’approvisionnement limité dans ces deux territoires, a fait remarquer l’agence onusienne.

Le HCR et ses partenaires travaillent à fournir des articles de secours et à construire davantage d’abris pour les nouveaux déplacés. Toutefois, les sites de déplacés internes deviennent rapidement surpeuplés en raison du grand nombre de nouveaux arrivants et du nombre limité de terrains disponibles. Alors que l’appel de fonds de 154 millions de dollars américains pour répondre aux besoins les plus pressants des populations déplacées en RDC, « n’est financé qu’à hauteur de 18 pour cent ».

Nkole

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