mardi, avril 20
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RDC-Procès 100 jours : Vital Kamerhe reste en détention à Makala

Le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe, siégeant le mardi 12 mai 2020 à Kinshasa en chambre foraine, a décidé le maintien en détention du prévenu Vital Kamerhe, directeur de cabinet du président de la République. Ce dernier restera donc dans sa cellule  de la Prison centrale de Makala.

La demande de  mise en liberté provisoire introduite par les conseils du leader de l’Union pour la Nation congolaise (UNC) a donc été rejetée, avant l’échéance de 48 heures fixée par la loi pour statuer.

En clair, Vital Kamerhe reste encore en prison jusqu’à la prochaine audience fichée au 25 mai 2020.

Il sied de noter que la première audience en chambre foraine du procès qui oppose le Ministère public aux coaccusés Vital Kamerhe Luakanyingiyingi Kingi, Jammal Samith et Muhima Jeanot devant le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe s’est tenue le lundi 11 mai 2020 à la Prison centrale de Makala.

De l’avis de certains observateurs, Vital Kamerhe s’est montré arrogant et « donneur de leçons » aux juges à la première audience, plutôt que d’être coopératif.

A ce sujet, Me David Beylard a fait remarquer que le concerné devrait éviter une confusion acerbe entre un débat politique stérile et le judiciaire où les droits Miranda (Miranda Rights) recommandent ceci : « Le prévenu à droit de garder silence. Si vous renoncez à ce droit, tout ce que vous dites pourra être retenu et sera utilisé contre vous ».

Sur le même chapitre, le député Sam Bokolombe note: « Vital Kamerhe brûle d’envie de dire des choses ». Mais ce juriste conseille: « Il doit savoir qu’on ne joue pas au spectacle dans un procès pénal ».

« Il serait sage de laisser ses avocats beaucoup parler, sauf lorsqu’’il doit répondre personnellement. Le procès pénal est très technique. Et la tenue compte aussi. A la barre, un prévenu n’est jamais donneur de leçons », a-t-il renchéri.

Il a ajouté : « Nous sommes tous intellectuels. Que dire de cette bourde de citer les gens qui, une fois invités à la barre, viendraient le charger ! ». Cela avant de s’interroger: « En a-t-il évalué les conséquences ? ».

Et Me David Beylard de dire à son tour : « Le prévenu Vital Kamerhe Luakanyingiyingi devrait très vite revoir son attitude vis-à-vis du tribunal et revoir de fond en comble sa ligne de défense qui l’emmène tout droit à une condamnation certaine ».

Vital Kamerhe est accusé d’avoir détourné, entre mars 2019 et janvier 2020, 48.031.140 USD destinés à la construction de 1500 maisons préfabriquées au profit de cinq provinces de la République démocratique Congo.

Il est poursuivi aussi pour avoir, au mois de septembre 2019, détourné 2.137.500 USD destinés à la construction de 3000 maisons préfabriquées à Kinshasa pour militaires et policiers, notamment.

Il convient de relever que c’est pour la troisième fois que la demande de  mise en liberté provisoire, sollicitée par les avocats de Vital Kamerhe, vient encore d’être rejetée par les juges.

Stanislas Ntambwe

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