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RDC : l’évêque Mukuna comparaît au Parquet mercredi 13 mai

L’évêque Pascal Mukuna est attendu, mercredi 13 mai 2020, au Parquet général près la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe.

Selon le mandat de comparution qui lui a été adressé, dont une copie est parvenue à Mediaplusonline.net, Pascal Mukuna, responsable de l’Assemblée chrétienne de Kinshasa (ACK), doit comparaître devant l’officier du Ministère public près la Cour d’Appel de Kinshasa/Gombe, « pour y être entendu sur des faits infractionnels à lui imputés ».

« Faute de le faire, il y sera contraint conformément à la loi », avertit le mandat de comparution.

La semaine dernière, Mamie Tshibola, une « supposée veuve » d’un ancien collaborateur de Pascal Mukuna, a déposé une plainte contre l’évêque, l’accusant de « viol, rétention illicite des documents parcellaires et de menaces de mort ».

Quelques jours plus tôt soit le 07 mai 2020, le pasteur Mukuna a déposé une plainte contre l’ancien président congolais, Joseph Kabila, au Parquet général près la Cour constitutionnelle.

À la tête du mouvement citoyen « Éveil patriotique », Pascal Mukuna et ceux qui soutiennent son combat ne jurent que par l’arrestation de Joseph Kabila. À son avis, le “Raïs de Kingakati” devrait répondre de sa gestion de 18 ans au pouvoir et, par ricochet, de tous les abus et crimes commis durant son règne.

Depuis lors, Pascal Mukuna fait des sorties médiatiques sur les réseaux sociaux et des médias locaux. Dans ses propos hostiles à l’ancien régime de Kinshasa et ses animateurs, on insinue le voeu du peuple congolais dans sa globalité, mais impuissant devant celui que l’opinion considère encore comme le « meneur de jeu » dans le nouveau régime de Kinshasa.

« Je pense que Monsieur Kabila devra être entendu par votre office et poursuivi pour son implication directe et indirecte dans la commission de crimes décrits ci-dessus. Je dénonce tous ces crimes auprès de votre office pour qu’une enquête soit ouverte et que Monsieur Kabila réponde de ces crimes survenus sous son régime », dit Mukuna dans sa plainte, appelant à l’ouverture d’une enquête.

Est pris qui croyait prendre ?

La convocation à comparaître, envoyée à Mukuna, ne peut surprendre que les ignorants des rouages politiques congolais.

Comme on s’y attendait, la tête de l’évêque Pascal Mukuna devrait être sacrifiée à l’autel de la coalition au pouvoir. Il finira comme quiconque ose s’attaquer personnellement au « Père de l’alternance pacifique» du pouvoir en RDC. Il a fallu fouiller, fouiner et creuser pour trouver un motif de plainte contre l’homme de l’«Eveil patriotique » et le bâillonner définitivement.

Or, dans pareille situation, c’est une affaire de viol qui marche très bien comme cela a été le cas avec Eugène Diomi Ndongala. Mais, pour ce cas précis de Mukuna, c’est Mamie Tshibola qui est la « femme de la situation » par qui toute la carte devrait se jouer.

Une petite vidéo sextape aurait suffi pour avoir sa proie. Dans cette vidéo controversée, Pascal Mukuna se retrouve au cœur d’un scandale sexuel, où deux fidèles de son église l’accusent d’avoir eu des rapports sexuels forcés avec elles.

La machine est donc mise en marche, ouvrant la voie à une plainte par la présumée victime contre son présumé bourreau circonstanciel.

Quel sort pour Mukuna et son « Eveil patriotique » ?

Dans l’opinion, des interrogations fusent de partout. Pourquoi la plainte contre le pasteur Mukuna est vite prise en compte par la justice alors que celle qu’il a déposée quelques jours plus tôt contre Joseph Kabila devrait primer, parce qu’ antérieure ? Pourquoi les caciques du FCC (Front commun pour le Congo) de Joseph Kabila, impliqués dans certains dossiers sulfureux, ne sont-ils pas inquiétés par la Justice autant que ceux du CACH (Cap pour le changement) de Félix Tshisekedi ?

Par ailleurs, plusieurs organisations de la société civile et de défense des droits de l’homme se disent prêtes à accompagner Pascal Mukuna. Elles voudraient que la Justice soit réellement indépendante quant à ce dossier.

En tout état de cause l’accusé Mukuna Pascal doit se présenter devant l’officier du Ministère public pour audition, ce mercredi 13 mai 2020.

Regagnera-t-il sa résidence et attendre l’ouverture du procès ? Fera-t-il l’objet d’une détention préventive comme les autres accusés dans l’affiare 100 jours du programme d’urgence du président Félix Tshisekedi ?

Nul ne le sait. Le moins qu’on puisse dire, c’est là le début d’un feuilleton dont on ne peut prédire l’issue. L’avenir nous en dire plus.

Pour l’instant, nous suivons la situation de près.

Par Stanislas Ntambwe

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