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RDC : des deux pasteurs accusés de viol, l’un sera enlevé et l’autre laissé

Deux grands hommes de Dieu, Moïse Mbiye et Pascal Mukuna sont accusés pour viol. Le premier voit la poursuite de son dossier virer à l’éternité après la première audience, tandis que l’autre est arrêté.

De deux femmes qui moudront au moulin, l’une sera prise et autre laissée. De deux hommes au lit, l’un sera pris et l’autre laissé“, prédit Jésus lors de son sermon sur l’enlèvement, la fin du monde.

Cette prédiction du Christ semble concerner également plusieurs aspects de la vie des hommes. En le constextualisant à la situation du Congo-Kinshasa, il y a possibilité d’établir de corrélation.

Il y a d’abord le monde qui se réjouit du début périlleux de l’État de droit en RDC. Un État prôné par le feu Étienne Tshisekedi wa Mulumba qui observe son éclosion au-delà du rideau. Les Congolais attendaient bien impatiemment ce moment pour voir la justice s’appliquer à tous. Et Félix Tshisekedi en a fait son cheval de bataille, sans être cheval de Troie.

Des directeurs des entreprises jadis intouchables, sont actuellement en prison, parce que la justice estime qu’ils ont détourné les fonds destinés aux travaux du programme d’urgence de 100 jours. Pour une fois dans histoire de ce pays, un haut dignitaire de la trempe du directeur du cabinet du Chef de l’État croupit entre les quatre murs.

Un bon début

Cet aspect stimule les Congolais à contrôler désormais tous les mouvements et gestes. Même les communicateurs habitués à vilipender dans les médias, ont vu leur audace effrénée. Oui, il est temps de surveiller son langage. Autre temps, autre mœurs, dit-on.

Comme l’État de droit rime bien avec la liberté d’expression, tout citoyen a l’obligation de dénoncer tous les abus, peu importe l’auteur. Voilà qui pousse certaines organisations de la société civile à apprécier le bon début du Président Tshisekedi, parsemé d’embûches et d’obstacles. Mais un bon début tout de même.

État de droit ? Oui, la justice a maintenant du pain sur la planche. Les dossiers pullulent aux parquets. C’est le moment de traquer les intouchables impénitents d’hier. A propos, deux hommes de Dieu, responsables de grandes églises de réveil à Kinshasa sont accusés de viol. Il s’agit de Moïse Mbiye, titulaire de l’église “Cité Béthel” située au quartier Funa, première rue, dans la commune de Limete. Quelques mois après, c’est l’évêque Pascal Mukuna, responsable de l’Assemblée chrétienne de Kinshasa (ACK), dans la commune de Bandalungwa.

Le premier est accusé par Éliane Befano, soeur et fidèle de son église ayant participé dans bon nombre de clips du pasteur. Fausse accusation, rétorque le pasteur et chantre. L’affaire est pendante devant la justice. Une seule audience avait eu lieu. Des raisons de confinement ont été évoquées pour justifier le silence observé dans le déroulement dudit dossier. Depuis lors, personne n’en parle, si ce n’est que la fille elle-même à quiconque voudrait bien l’entendre. Dans les couloirs, il fait état des négociations en sourdine pour un arrangement à l’amiable.

L’évêque Mukuna est aussi convoqué au parquet en plein confinement, pour le même motif que son coreligionnaire. Lui est accusé par Madame Tshibola, la veuve de papa Kantshia, très proche de l’évêque. Le viol revient dans les dossiers de deux pasteurs, même si certains autres griefs invraisemblables sont retenus chez l’un comme chez l’autre.

Après la première audience de Moïse Mbiye, il est rentré chez lui libre. Quant au président de la populaire équipe de Renaissance, six heures ont suffi à la première audience pour qu’il soit provisoirement arrêté sur le champ. Son dossier est allé vite. “Pourtant il y a beaucoup d’incohérences dans les propos de Mamie Tshibola.

Voilà qui taraude le cerveau des Congolais lambdas toute la nuit du mercredi 13 mai. C’est le sujet principal de toute la semaine. Les commentaires vont en sens divers.

Libres de penser

Les uns jubilent et pensent que Mukuna a trop poussé dans sa lutte contre les détourneurs des deniers publics. D’autres par contre estiment que la justice a encore du chemin à faire pour être juste et indépendante. Ceux qui soutiennent cette thèse parlent d’un procès politique. L’un des avocats de l’évêque a lâché des mots surprenants quand le mandat d’arrêt provisoire venait d’être signé : “Tous les magistrats ont fui le dossier. Un seul, du PPRD, formaté en amont par le FCC, a pris le risque. Madame Tshibola, visiblement payée, n’a affirmé ses accusations. Le dossier est vide”.

Dans la foulée, une certaine opinion voit la main noire derrière l’accusatrice de pascal Mukuna. ” La campagne d’éveil patriotique menée par le pasteur dérange“, révèle Jean-Claude Katende de l’Asadho. En effet, le Responsable de l’ACK a sillonné les médias, s’affirmant détenteur de plusieurs preuves de détournement des deniers publics par le clan Kabila.

Ils m’ont envoyé des gens pour me corrompre avec 5 millions de dollars, puis 10 millions, j’ai refusé. Moi c’est le peuple “, martelait l’homme de l’ACK. Aux dires des uns et témoignages des autres, ces révélations et déclarations ont valu à l’évêque la prison. ” Mukuna est arrêté dès la première audience, parce qu’il a eu l’audace de porter plainte contre le sénateur à vie, parce qu’il détient des dossiers pouvant précipiter l’évaporation de la Kabilie“, indique Patrick Ngwala, jeune du camp pour le changement (CACH).

Au FCC, les membres vantent la qualité de la justice. “Il doit subir la rigueur de la loi pour ses déclarations calomnieuses“, a souhaité Dena Mbunga, cadre du PPRD.

Tout recoupement fait, la population est divisée face à ce dossier. “Mukuna ne devait être arrêté, parce que son dossier est vide, rassure Claude Masoko, pharmacien de son état. “Non, Mukuna doit être puni pour viol“, lui rétorque Justin Mbumbi, son voisin. ” Mais pourquoi Moïse Mbiye n’a pas été arrêté le même jour parce qu’accusé aussi de viol?“, poursuit l’un des deux codebatteurs. A cette question, Justin Mbumbi a donné sa langue au chat.

Bajika Édouard

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