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RDC : le député Mamba appelé à cesser de réclamer la destitution de J.M Kabund

Le premier vice-président de l’Assemblee nationale, Jean-Marc Kabund-A-Kabund, est visé par une pétition, initiée par le député Jean-Jacques Mamba du MLC.

Soixante-et-deux (62) signatures sur les cinquante (50) requises ont été collectées. “Ce qui est largement suffisant, selon l’initiateur, pour obtenir la démission de Kabund“.

A contrario, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), dont Jean-Marc Kabund est le président a.i, considère que cette pétition est une « blague de trop » orchestrée par ses partenaires du Front commun pour le Congo (FCC).

Dans un communiqué, publié jeudi 14 mai 2020, en réaction à la pétition, l’UDPS/Tshisekedi dit suivre « avec attention, mais sans surprise, l’initiative du FCC, utilisant des prête-visages, de s’attaquer à l’Honorable Jean-Marc Kabun – A – Kabund au bureau de l’Assemblée nationale, au poste de 1er vice-président », banalise-t-elle dans un communiqué signé par le porte-parole a.i, Simon Adrien Kalenga.

La coalition FCC-CACH mise à mal

Le parti au pouvoir, UDPS, dit prendre acte de la « volonté ainsi manifestée par le FCC » et promet d’en tirer toutes les conséquences, menaçant de mettre fin à la coalition qui la lie à son partenaire au pouvoir.

« Nul besoin de rappeler que l’architecture du bureau de l’Assemblée nationale est le fruit de la coalition qui lie FCC et CACH (Cap pour le changement). Détruire ladite architecture n’est ni plus ni moins que mettre fin à la coalition qui lie les deux parties », prévient l’UDPS.

Dans la foulée, la Dynamique CACH nationale (DCN), un mouvement politique proche du Chef de l’État, est aussi monté au créneau, en demandant au député MLC, Mamba, de retirer sa pétition qui vise la destitution de Kabund au bureau de la Chambre basse du parlement. Pour la DCN, le contraire violerait l’esprit et la lettre de la coalition FCC-CACH.

La DCN considère la pétition contre Jean-Marc Kabund comme “une blague de trop et une provocation très dangereuse qui risquerait d’accélérer le déconfinement des combattants de l’UDPS ».

Elle pense que le poste qu’occupe Jean Marc Kabund au bureau de l’Assemblée nationale, « ne doit pas être soumis en aucun cas au chantage des uns et des autres ». Car, « c’est le fruit de la coalition FCC-CACH », a soutenu la DCN.

Ce mouvement pro-Tshisekedi rappelle à l’Assemblée nationale que le peuple congolais n’a pas besoin de la pétition de Jean Jacques Mamba pendant la pandémie.

Mais, il veut « le pain quotidien, la paix, la sécurité sociale, la baisse du taux de change, la reprise des activités sur toute l’étendue de la République afin de leur permettre de payer les loyers mensuels de maisons étant locataires ».

Le 16 avril 2020, le député national du Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba, Jean-Jacques Mamba, a adressé un courrier au premier vice-président de l’Assemblée nationale, Jean-Marc Kabund, lui demandant de lui fournir un budget complet, de 7 millions USD dénoncés pour la tenue d’un Congrès. Sans quoi, Jean-Marc Kabund devrait démissionner de son poste dans les 48 heures qui allaient suivre.

«Faute de quoi, l’article 31 du RI sera activé, c’est-à-dire, une motion de déchéance. Vous n’avez pas été en mesure de de fournir le budget et éléments que je vous ai demandé et la raison est simple, vous aviez affabulé sur les 7 millions de dollars américains pour ameuter les auditeurs et décrédibiliser tous ceux et celles de vos collègues qui, en toutes liberté et responsabilité, pouvaient avoir un avis contraire », dit-il dans sa lettre du député, dont une copie est parvenue à Mediasplusonline.net.

Rappel à l’ordre

L’auteur de la pétition va-t-il se rétracter ? Difficile de le dire pour l’instant.

Mais, on se rappelle qu’au lendemain de la lettre du député MLC Mamba, la réaction du président national de ce parti politique, Jean-Pierre Bemba, n’avait pas tardé à lancer un véritable rappel à l’ordre.

Il avait, dans une note circulaire, recadré tous les membres et cadres de son parti, les appelant à la discipline.

« Il me revient de constater, depuis quelque temps, un foisonnement d’initiative des élus du MLC sur des sujets cruciaux et politiques, signes évidents de la vivacité du personnel politique du parti. Cependant, il me paraît opportun de rappeler que les élus du MLC, députés nationaux, députés provinciaux et sénateurs représentent le peuple dans leurs assemblées respectives, malgré le caractère chaotique de dernières élections, et sont détenteurs des mandats du parti », a écrit le chairman, dans une note du 23 avril 2020.

Et d’ajouter : «Dans le but de maintenir la discipline et de garantir la cohérence de la ligne politique du parti, toute initiative parlementaire des élus MLC dans les assemblées délibérantes doit être définie comme une cause commune,m. Par conséquent, il est impérieux qu’elle soit au préalable concertée au sein du groupe parlementaire », a-t-il poursuivi.

Et de conclure : « Toute initiative parlementaire non concertée, n’engagerait que son initiateur. Le groupe parlementaire comme le parti ne seront nullement comptables des conséquences politiques des initiatives individuelles ».

Quii est derrière Jean-Jacques Mamba ? A-t-il la bénédiction de son parti ? Est-ce que son initiative a été « préalablement concertée » au sein du groupe parlementaire MLC ?

Trop de questionnement qui donnent matière à réfléxion.

Stanislas Ntambwe

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