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Insécurité à Beni : les forces vives décrètent une série des journées de deuil en mémoire des victimes

Des larmes continuent de couler en région de Beni, au Nord-Kivu, en dépit de promesses des autorités congolaises de pacifier la région.

L’assaut lancé par l’armée contre l’ADF, considéré comme le principal “mangeur d’hommes” dans cette partie, n’a toujours pas réussi à faiblir l’ennemi qui poursuit sa guérilla.

Depuis quelques semaines, des attaques en série sont enregistrées dans différents villages, causant ainsi de nouvelles morts parmi les civils. Face à cette tragédie, les forces vives du territoire de Beni mobilisent pour pleurer les victimes récemment tombées à coup d’armes à feu ou de machettes. Elles disent constater le silence inexplicable de Kinshasa qui ne semble plus attirer son attention sur la situation.

Selon Bravo Vukulu, président de la société civile du groupement Bambuba-Kisiki, groupement devenu la cible des théâtres sanglants des incursions rebelles, samedi 23 et dimanche 24 mai constituent la première série d’une suite de journées de deuil qui pourraient se poursuivre, selon la tournure des événements. Il exhorte les habitants d’Eringeti, Mayi-Moya, Kokola, Tchani-tchani et ailleurs, au respect de cet appel pour honorer les victimes.

A partir de ce samedi, nous décrétons une série de journées de deuil. Tous les travaux seront arrêtés à Eringeti, Mayi-Moya, Kokola, Samboko, Tchani-tchani et dans le reste de Bambuba-Kisiki. Cette série se poursuivra dimanche pour que nous puissions enterrer nos frères dernièrement tués par les ADF“, dit-il.

Détente dans les opérations contre les ADF?

Lancées depuis le 30 octobre 2019, les opérations militaires contre les groupes armés locaux et étrangers n’ont pas encore donné des résultats escomptés. Bien qu’il faille noter que l’ampleur de l’horreur a semblé diminuer, l’ennemi n’a pas baissé la garde pour autant. Dès les premiers mois, l’armée congolaise avait annoncé la conquête de plus importants bastions ADF ainsi que la neutralisation de chefs rebelles. Mais, depuis, les civils continuent d’être massacrés, des maisons pillées ou incendiées, alors que les forces armées de la RDC (FARDC) engagées dans ce combat expriment toujours leur intention d’en finir.

Du côté de la capitale congolaise, les autorités semblent actuellement indifférentes. Pourtant, lors des passages du président Tshisekedi à Beni, aussi bien pendant la période électorale qu’après son élection, ce dernier affirmait toujours qu’il ne se sentirait à l’aise que lorsque l’autorité de l’État aura été restaurée à l’Est du pays dont le Nord-Kivu.

Vendredi dernier, le caucus des députés provinciaux élus de Beni ville et territoire, au cours d’une séance d’évaluation de la situation sécuritaire dans cette partie, a dit regretter une sorte de détente dans les opérations menées par les FARDC contre les ADF. Les élus provinciaux estiment que cette attitude a favorisé le regain à grande échelle des atrocités en territoire de Beni. Ils recommandent au gouvernement congolais de renforcer l’armée pour éviter de laisser un couloir aux djihadistes.

Charles Mapinduzi Bin Kisatiro/Nord-Kivu

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