mardi, mars 2
Shadow

Criminalité à Butembo et Beni: des manifestants fustigent la passivité des autorités

Les villes de Butembo et Beni (Nord-Kivu) ont respectivement connu une matinée tendue, ce mercredi 27 mai 2020. En cause, l’insécurité en milieu urbain dont la tournure devient de plus en plus inquiétante.

A Butembo, des altercations entre policiers et manifestants ont été provoqués par la découverte, tôt le matin, d’un corps qui gisait au bord d’une rivière au quartier Vungi. La victime, Christian, taximan de l’Association des taxis-motos et voitures (ATAMOV), a été abattu la nuit du mardi à ce mercredi par des inconnus dont les traces restent inconnues.

Ses collègues qui n’ont pas digéré cet assassinat ont déferlé dans les rues, klaxonnant à tout bout de champ pour exiger les commerçants à suspendre leurs activités. Une partie a pris la direction de la mairie de Butembo avec la dépouille mortelle pour exiger la lumière sur ce drame qui intervient moins de 2 semaines seulement après un autre du genre qui avait également coûté la vie à un conducteur de moto  de la même association le 16 mai 2020.

Alertée, la police est intervenue pour remettre de l’ordre en tirant quelques balles de sommation ou des bombes à gaz lacrymogène. Des arrestations ont également été enregistrées dans les rangs des “motards”.

Pour les autorités de Butembo, ce meurtre parait comme un nouveau coup dur à un moment où l’insécurité a repris de l’ascenseur dans la ville. 4 jours plus tôt, à la suite de l’arrestation d’une trentaine de bandits armés présentés à la presse, elles ont rassuré que des mesures conséquentes sont en train d’être réfléchies pour mettre fin à ce banditisme urbain. Mais, hélas, la situation n’est toujours guère très enviable.

A Beni, la tête du maire Nyonyi réclamée

De la même façon que Butembo est secouée par des incursions nocturnes d’hommes armés, des assassinats ciblés, des vols, etc.; de même, la ville de Beni, à 54km, connait une agitation similaire. Ce mercredi 27 mai, la tension y est également montée d’un cran pour exiger le départ du maire Nyonyi Bwanakawa et de son comité ainsi que du commandant de la police accusé, selon les manifestants, d’avoir autorisé à ses services de tirer, le 21 mai dernier, sur Freddy Marcus, militant de la LUCHA, enterré ce mardi 26 mai.

Des groupes de pression qui ont appelé à manifester accusent les dirigeants de la « ville martyre » de n’avoir pas fait ce qu’il fallait pour sécuriser les civils ni de ramener la paix en ville de Beni. Ils citent notamment des assassinats et des vols enregistrés régulièrement à Beni. Ces derniers ne comptent pas abandonner leur action avant d’obtenir gain de cause.

« Nous avons donné 72 heures pour qu’il parte. Nous comprenons qu’il n’est pas capable de mettre fin à cette situation de criminalité urbaine dans la ville. Nous allons poursuivre des actions jusqu’à son départ. Les civils sont tués innocemment chaque jour dans la ville, voilà ce qui nous inquiète », ont-ils dit.

Pour exprimer leur mécontentement face à la situation, les protestataires ont barricadé certaines artères de Beni et les services de l’ordre ont pu intervenir pour libérer la voie et ramener le calme. Mais les activités commerciales sont également restées paralysées tout l’avant-midi.

Toutefois, à Butembo et à Beni, un calme apparent s’affiche pour le moment, même si on redoute la suite des événements pour les heures à venir.

Charles Mapinduzi Bin Kisatiro

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *