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Kinshasa : possibles procès entre couturiers et clients après confinement

La Covid-19 est venue avec ses importantes vagues de mesures inhabituelles à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC). Le gouvernement central a imposé à tous des gestes barrières pour limiter la propagation du virus. Parmi ces dernières, il y a le port obligatoire des masques ou encore des cache-nez.

Cependant, la RDC n’est pas comme certains pays qui distribuent gratuitement les cache-nez. Elle n’en a pas les moyens. L’arrivée du lot promis par l’hôtel de ville vire à l’éternité. Les masques venus d’ailleurs se vendent à mille francs congolais.

Les experts sanitaires les recommandent et exigent qu’ils soient échangés après 3 heures de temps. Tout compte fait, il faut que chaque Congolais débourse 3000 Fc par jour, uniquement pour les masques. Ce montant est à multiplier par le nombre de personnes dans chaque ménage. Dieu seul sait, combien s’en procurent tel que recommandé.

Difficile pour le Congolais lambda d’être à la page, surtout que confinement sous-entend restriction des mouvements, mais aussi des activités. Voilà une pullule amère pour la majorité des citoyens congolais qui respectent quotidiennement « l’article 15 de la tacite Constitution ».

Mais l’amour entre Congolais est incommensurable. Les Kinois usent de leur inventivité et créativité pour rendre la vie moins insupportable. Voilà qui a poussé les couturiers Kinois à confectionner des masques locaux, même si les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ne sont pas respectées. Néanmoins, masque tout de même. L’essentiel est de couvrir le nez. Oui, certains Kinois utilisent le cache-nez juste pour échapper aux filets de la police qui exige 5 000 Fc lorsqu’on ne l’a pas porté.

Toutes les maisons de couture en confectionnent en nombre, la pièce étant vendue à 500 ou 1000fc, selon la qualité. Une initiative digne d’éloges, appréciée à sa juste valeur.

Verrouillage des lieux d’approvisionnement

Mais pendant ce temps de confinement, les marchés n’ont pas ouvert, ni les magasins non plus. Un manque à gagner pour tous les couturiers qui n’ont où acheter les pagnes utilisés pour confectionner les cache-nez. Entre temps, ils doivent en produire en quantité pour tenir le coût de la vie.

Par peur d’épuiser le stock, les tailleurs utilisent les pagnes des clients leur déposés pour différents modèles de robes, blouses, chemise-pagne, culottes, etc.

Ces pagnes des clients sont utilisés à l’insu de ces derniers. Le temps ne sera pas accordé aux couturiers de remplacer les pièces utilisées. Car, juste après la levée des mesures d’urgence sanitaires, les propriétaires n’auront d’autres solutions que de traduire en justice les responsables des maisons de couture. Quitte aux juges de donner un nom à cette infraction. Voilà un fait qui s’apparente à une insolite.

Il sera ainsi difficile aux tailleurs de rembourser les tissus vendus, étant donné que ce qui résulte de la vente des cache-nez est utilisé quotidiennement pour acheter les vivres.

En dehors des procès de 100 jours, les juges doivent s’attendre après confinement, à des procès opposant couturiers et clients.

Bajika Ndeba

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