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Procès 100 jours: les témoins déjouent les pronostics

Les audiences du procès opposant les trois prévenus au Ministère public dans le cadre des détournements présumés des fonds des travaux du programme d’urgence de 100 jours prennent l’allure d’un pugilat. Ceux qui pensaient à la victoire oratoire de Vital Kamerhe commencent à déchanter après les interventions des témoins .

Au centre pénitencier de rééducation de Kinshasa (CPRK), les lignes bougent à la troisième audience.

Les deux premières ont révélé l’art oratoire de Vital Kamerhe, président de l’Union pour la nation congolaise (UNC) et directeur du cabinet du Chef de l’État. Lwakanyinginyi y avait brillé de mille feux.

Dans ses interventions, Kamerhe donne l’impression d’être venu à la barre pour convaincre le public et non les juges. C’est une mauvaise posture qui lui sera inévitablement fatale“, présage Carine Mitelezi, étudiante à l’Université de Kinshasa.

Vital veut qu’au départ, que ceux qui l’accusent lui montrent schématiquement de quelle manière il a détourné l’argent. “Montrez-moi pièce contre pièce comment j’ai volé l’argent“, répète-t-il à chacune de ses interventions.

Dans l’opinion, Kamerhe, qui a réussi jusque là à se défendre en donnant même des leçons aux juges, est ” innocent”.

Même les intellectuels se sont vautrés dans des polémiques interminables. Pour la majorité des Congolais, le directeur du cabinet du Chef de l’État sera libéré parce qu'”innocent”. Mais, la troisième audience commence à déjouer les pronostics. Le procès prend une autre tournure.

La présence, à l’audience du 03 juin 2020, des témoins et l’intervention de trois d’entre eux a changé la manière d’appréciation.

Justin Bitakwira, ministre honoraire au Développement rural est venu crucifier l’ancien speaker de l’Assemblée nationale.

Justin Bitakwira a affirmé, devant les juges, que le contrat et l’avenant que brandit son ancien président n’était qu’un projet, parce que n’ayant pas obtenu le quitus de la Direction générale de contrôle des marchés publics (DGCMP).

Le directeur du cabinet du Chef de l’État m’avait déjà déchargé de ce projet pour le confier au ministère de l’Urbanisme et Habitat”, révèle l’ancien ministre du Développement rural. Et d’ajouter: ” Kamerhe doit assumer ses actes”.

Dans l’opinion, certains Kinois l’appellent déjà “milieu de terrain récupérateur et casseur de la rencontre (3e audience)”.

Le troisième témoin est venu enfoncer davantage le président de l’UNC. Le directeur général de la DGCMP avoue que le contrat avec la société Samibo n’avait pas eu leur l’aval.

Cependant, le prévenu Vital n’a pas donné sa langue au chat. “Même quand le témoin le clouait, il rebondissait pour donner l’impression d’avoir raison, alors que ce qu’il disait n’avait de corrélation“, martèle un haut cadre du Front commun pour le Congo (FCC).

Dans l’opinion à Kinshasa, les discours changent. “Le nouveau président du tribunal est très percutant”, estiment les uns.

Kamerhe est trempé, à la vue des témoignages déposés à sa charge à la troisième audience “, soutiennent les autres.

Bajika Ndeba

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