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RDC: le procès Kamerhe continue à faire des vagues

Le procès 100 jours opposant le directeur de cabinet du chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi, Vital Kamerhe, continue à défrayer la chronique. Tant le “détournement intellectuel”, savamment monté, ne livre pas encore ses secrets. Pévue ce jeudi 11 juin, la plaidoirie, empoignade verbale entre les avocats de la défense et de la partie civile, donnera, à coup sûr, une idée aux juges d’inculper ou l’innocenter le prévenu. Cela après avoir pris l’affaire en délibéré.

Après l’audition des témoins, tout porte à croire que l’intellectuel Kamerhe risque d’y laisser des plumes. Dans la mesure où plusieurs témoignages attestent qu’il est impliqué dans ce détournement des millions de dollars américains sortis du Trésor public pour les travaux réservés aux 100 premiers jours du président Félix-Antoine Tshisekedi à la tête du pays.

Les pourfendeurs du prévenu

Parmi les détracteurs du directeur de cabinet, le conseiller politique principal du chef de l’État en charge notamment des infrastructures, l’ancien ministre du Développement rural ainsi que celui du Budget du gouvernement Tshibala et Mme l’épouse de Kamerhe pour ses incohérences.

À tout prendre, le véritable pourfendeur du prévenu intellectuel, à en croire des analystes, a été le conseiller politique principal qui a nié toute accointance avec le “fameux” comité de supervision dans lequel il n’a jamais siégé en tant coordinateur comme l’affirme le prévenu. Il a dit avoir contesté, dès le départ, le montage financier de ce Programme d’urgence de 100 jours.

Par ailleurs, il a révélé, d’après ses investigations à la Banque centrale du Congo, que l’argentier national à décaissé 66 millions de dollars américains pour les maisons préfabriquées en lieu et place de 57 millions que reconnaissent Vital Kamerhe et l’homme d’affaires libanais Jamal, fournisseur et constructeur des maisons préfabriquées. Le relevé bancaire en sa possession le confirme, a-t-il avancé, avant de faire remarquer qu’un relevé bancaire ne porte de signature. Cela à l’attention de Kamerhe et son conseil qui ont remarqué qu’il n’était pas signé.

L’homme-orchestre

Pour lui, l’homme-orchestre et artisan de ce “détournement intellectuel” demeure le prévenu Kamerhe. Son comportement devant la barre et surtout son obstination à voir un complot ourdi contre sa personne. Cela ne devra pas influencer les juges dans leur sentence, estiment les mêmes analystes.

Pour leur part, les anciens ministres Kabila du gouvernement Tshibala ne sont pas allés par quatre chemins pour enfoncer le prévenu. Le premier a démontré qu’il n’a rien à voir ni avec le décaissement de fonds ni avec leur gestion. Il en est de même pour son ancien collègue du Budget.

De son côté, la chère et tendre épouse de Kamerhe qui bénéficie encore jusque-là de la présomption d’innocence, a essayé de justifier les mouvements de fonds enregistrés dans son compte bancaire. Des millions de dollars y ont été transférés. Pour toute justification, elle a brandi son statut de commerçante depuis l’âge de 20 ans, sans avoir, jusque-là, été enregistré au Registre de commerce pour lequel elle n’a d’ailleurs pas donné le numéro ; les cadeaux que leur couple à reçu lors de son mariage se chiffrant en milliers de dollars américains, d’euros et de Francs CFA. Sans oublier l'”empire immobilier qu’elle s’est bâti. Aux juges de rendre leur verdict.

Tout compte fait, l’opinion nationale et internationale attend avec impatience les joutes verbales de deux parties pour faire éclater la vérité. Car l’issue de ce “procès du siècle” en RDC, le premier du genre dans ce pays, pourrait donner le glas de la fin de semaine intouchables et de l’impunité.

Olivier Dioso

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