mardi, mars 2
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RDC: le crash du CACH

L’accord signé à Nairobi en 2018 entre l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) et l’Union pour la nation congolaise (UNC), traverse une période très critique de son histoire. À la base, la détention préventive à la prison de Makala du président de l’UNC, Vital Kamerhe. Le fonctionnement du CACH a montré ses limites lors des confrontation avec les témoins.

Les déboires au sein du CACH ont commencé à ses débuts, de manière larvée.

Les cadres du parti du Sphinx de Limete avaient, en leur temps, dénoncé le directeur de cabinet du président Félix Tshisekedi qui, selon eux, s’est accaparé et emparé de tous les pouvoirs. Une situation qui créa une sorte de méfiance entre les deux partis alliés.

Les cadres du parti présidentiel se plaignaient du fait qu’ils sont absents dans toutes les missions et que leurs postes seraient vidés de toutes leurs substances.

“Nous sommes devenus des tigres en carton à la Présidence, par la seule volonté du tout puissant dircab”, murmurait José Munga, membre au cabinet d’un des conseillers principaux.

Aux dires des uns, Félix Tshisekedi a eu a reprocher autant de fois à son dircab sur ses pratiques qui créaient une fissure au sein du cabinet.

C’est ce climat délétère qui a caractérisé le fonctionnement à la première institution de la République.

“Il y a, là-bas, beaucoup d’électrons libres”, estime un analyste indépendant.

Au fil du temps, la rupture devenait irréversible, nonobstant le semblant d’un vivre-ensemble. En témoignent, les tirs croisés dans les médias entre les cadres des deux partis.

Mais, le vinaigre est remonté à la surface des aliments lorsque Vital Kamerhe est détenu préventivement à Makala. Une arrestation qui arrange les uns et affaiblit les autres.

Avant de répondre à l’invitation du procureur, le président de l’UNC aurait certifié devant le Chef de l’État qu’il n’était pour rien dans ce dossier.

Que de menaces, de part et d’autre ! Les loups s’entre-mangent au CACH. Les linges sales se lavent sur la place publique. Toutes les stratégies sont envisageables.

Et le peuple, qui lorgnait, s’attendait à des révélations troublantes lors des audiences qui éclabousseraient la Présidence. Pourtant !

“Le peuple aura l’occasion de savoir toute la vérité”, promettait le détenu Kamerhe. Voilà qui justifiait sa soif que le procès soit retransmis en direct.

“C’était une technique d’intimidation qui n’a pas payé “, réagit Lucien Mongaza, finaliste à la faculté de droit à l’Université de Kinshasa.

À la fin de l’instruction, le monde s’est fait une idée du procès, surtout avec les interventions des témoins.

Une source proche de l’UNC révèle qu’au sein du parti, certains cadres commencent à tempérer, à mettre de l’eau dans leur vin à la vue de tout ce qui s’est passé endéans les quatre audiences.

Déjà, des tractations ont lieu pour parer à toute éventualité en cas de condamnation du dircab qui continue à clamer son innocence.

Mais, à vrai dire, l’avion qui transporte l’accord signé à Nairobi traverse une zone interminable de grandes turbulences. Le pilote est déboussolé et est fatigué des manœuvres, même pour un atterrissage forcé.

À l’heure actuelle, l’avion est en chute libre, sans équilibre dans l’espace. C’est le crach du CACH.

À moins qu’un miracle divin s’opère pour sauver l’appareil.

Bajika Ndeba

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