dimanche, avril 11
Shadow

Condamnation de Kamerhe : début de la justice sans épithète

Un des gros poissons de l’espace politique congolais, Vital Kamerhe, directeur de cabinet du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, est pris dans les filets de la justice congolaise. Le teribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe l’a condamné à 20 ans de prison pour, notamment, le détournement des deniers publics. Fonds destinés aux travaux inscrits dans le Programme d’urgence des100 premiers jours du mandat présidentiel de FATSHI.

Medi@plus a recueilli les avis et commentaires du petit peuple, celui d’en bas, le monsieur tout le monde.

Ce sont 25 Kinoises et Kinois qui ont été interrogés à chaud, dont 20 ont applaudi ce verdict qui “sonne le glas de la fin de l’impunité en RDC de ceux qui ont choisi de faire carrière dans la politique“. Et pour qui, la gestion de la chose publique est devenue une affaire personnelle et familiale.

En tout cas, depuis que je suis né, il y a une quarantaine d’années, c’est la première fois que je venais de suivre un tel procès, impliquant un homme politique condamné pour détournement de l’argent de l’État. Félicitations pour notre justice qui, à voir comment s’est déroulé ce procès, n’a subi aucune pression. Elle a donc travaillé en toute indépendance. Bravo pour le courage des juges“, ont-ils salué.

Pour sa part, une fille d’une trentaine d’années se réjouit également de cette décision judiciaire.

Kamerhe a payé pour les crimes économiques qu’il a commis. Il a contribué à la misérabilisation de la population congolaise et à la crise économique que connaît le pays. Coup de chapeau au président de la République qui a laissé la justice faire son travail. Mais, qu’il ne s’arrête pas là“, a-t-elle souhaité.

De son côté, un autre Kinois, fonctionnaire de l’État, “aimerait ardemment que le président de la République fouine dans la gestion de l’ancien régime, où beaucoup de cadavres sont dans les placards“.

Des ministres aux secrétaires généraux de l’administration publique, en passant par les mandataires de l’État dans les établissements publics, tous doivent répondre de leurs actes de mégestion. Comme Kamerhe et consorts, ils sont obligés de restituer les biens de l’État détournés par vols ou spoliations“, a-t-il recommandé.

Un étudiant a aussi souscris pour l’opération “Nettoyage des écuries” à la présidence de la République.

La gestion calamiteuse de Kamerhe est un signe avant-coureur du dysfonctionnement au sein de cette structure. Donc, il faut amorcer des audits partout. Car, pour beaucoup de ses collaborateurs, la présidence de la République, constitue une mangeoire“, a-t-il fustigé.

En ce qui concerne ceux qui s’opposent à ce verdict, ils s’inscrivent en faux contre les lourdes peines infligées aux condamnés, surtout qu’ils vont devoir restituer les sommes détournées et payer des amendes égales aux montants détournés.

Sans oublier la saisie des biens immeubles qu’ils ont acquis depuis que les fonds ont commencé à sortir du Trésor public. Et pour amuser la galerie,

Il a lâché : “Kamerhe, confiné dans sa cellule, risque de craquer et d’être emporté dans l’au-delà par l’émotion“.

À tout prendre, cette condamnation a donné la sueur froide aux gestionnaires de l’État de l’acabit de l’ancien directeur de cabinet du président de la République.

S’ils ne sont pas inquiétés, ils réfléchiront désormais à deux fois avant de poser des actes contraires à l’éthique et à la déontologie.

En tout cas, au lieu que les Congolais continuent à crier “aux voleurs”, le président Félix-Antoine Tshisekedi devra plutôt faire arrêter les criminels économiques et les traduire devant la justice. Celle qui n’a pas d’épithète, c’est-à-dire qui n’a pas d’adjectif qui avilit ce mot : par exemple, équitable, injuste ou symbolisant deux poifs, deux mesures.

Olivier Dioso

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *