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Réforme de la justice : les « Wewa » font capoter la plénière de l’Assemblée nationale

Le peuple congolais soupçonne un piège tendu au Chef de l’État dans les propositions de lois de deux députés du FCC qui ont franchi toutes les étapes en un temps record.

Mardi 23 juin 2020, une ambiance singulière a régné au Palais du peuple, siège du Parlement congolais à Kinshasa.

Or, c’est le jour arrêté pour la tenue de l’assemblée plénière appelée à voter sur la proposition de loi sur la réforme de la justice, œuvre des députés nationaux Aubin Minaku et Gary Salama, membres du FCC qui est la plate-forme présidée par le sénateur à vie Joseph Kabila.

Mais, la plénière en question n’a pas eu lieu. Cette fois, ce n’est pas un quelconque Procureur général qui a requis les services de la police, mais le peuple qui s’est pris en charge à travers une frange de la population congolaise.

En effet, les conducteurs des motos-taxis, surnommés « Wewa », vocable luba, accourus par milliers, ont investi toutes les entrées du Palais du peuple, empêchant ainsi les honorables députés d’accéder à l’hémicycle de la commune de Lingwala.

Peut-on parler de violation, du moment que ce n’est pas le pouvoir qui a agi ? D’ailleurs, la police était du côté des députés avec ses gaz lacrymogènes qu’elle jetait sur les manifestants qui ne veulent pas que cette loi puisse passer.

Du côté des caciques du FCC, on a pointé du doigt l’UDPS qui, pour eux, aurait instrumentalisé les conducteurs des motos-taxis. Ce qui est difficile à prouver.

À ce sujet, les observateurs reconnaissent que faire une proposition de loi est le rôle du parlementaire.

Mais, ils ne comprennent pas pourquoi celles déposées par deux membres du PPRD a franchi toutes les étapes en si peu de temps. Et cela, après que le Procureur général près la Cour de cassation ait requis des agents de l’ordre pour les empêcher d’élire le nouveau premier vice-président du Bureau, en remplacement de Jean-Marc Kabund, au motif que sa requête était encore pendante devant la Cour constitutionnelle. Requête qui a fini par être déclarée recevable, mais non fondée. Et cela, au grand plaisir des députés qui venaient d’apprêter une deuxième motion de défiance dans le cas où les juges donneraient raison à Kabund.

Dans toutes ces manœuvre, la population soupçonne des agendas cachés du FCC qui est décidé à faire tomber le président de la République, en commençant par fragiliser le pouvoir judiciaire où les nouveaux membres feront désormais allégeance au président du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) ainsi qu’à ses autres dignitaires.

Selon la Constitution, en effet, c’est le Procureur général près la Cour constitutionnelle qui enclenche l’action contre un Chef de l’État pour “haute trahison“.

Or, avec la nouvelle proposition, ce Procureur va maintenant exécuter les ordres du ministre de la Justice, membre du PPRD.

D’aucuns se demandent pourquoi Aubin Minaku n’avait pas penser à introduire sa proposition de réforme pendant tous les dix ou quinze ans qu’il a régné comme président de l’Assemblée nationale.

Par D. Mupompa

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