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COVID-19 : Didier Raoult n’exclut plus une seconde vague en France

Le professeur Didier Raoult avait déclaré, fin mai 2020, ne pas croire à la possibilité d’une seconde vague de la pandémie de COVID-19 en France.

Désormais, l’infectiologue se montre plus prudent dans une vidéo publiée, le mercredi 17 juin 2020, sur le compte You Tube de l’Institut-hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection.

« Personne n’est capable de prévenir l’avenir », reconnaît le professeur Didier Raoult, au cœur de la controverse qui entoure l’ hydroxychloroquine comme traitement pour lutter contre la pandémie de COVID-19.

Pour autant, le directeur général de l’IHU Méditerranée Infection n’exclut pas la possibilité d’un « nouveau pic épidémique » cet hiver en France.

« Il se peut qu’il y ait un nouveau pic épidémique au moment de la saison hiverna-printanière. Il se peut qu’elle disparaisse, ça dépendra de la distribution dans la zone inter-tropicale et du fait qu’il existera des gens qui seront porteurs chroniques (…)“, craint-il.

Raisonnablement, ça doit plutôt se passer comme les autres Coronavirus, un pic épidémique puis quelques cas sporadiques, et puis on verra ce qui se passera après », précise le professeur marseillais, qui excluait encore cette possibilité un mois auparavant.

SURVEILLER LA NOUVELLE-ZÉLANDE

Le professeur explique, dans sa vidéo, qu’il faut surveiller de près le cas de la Nouvelle-Zélande, pour se faire une idée de ce qu’il pourrait se passer l’hiver prochain en France.

Le pays a des « conditions climatiques qui sont assez proches de celles de la France. S’il y a une épidémie en Nouvelle-Zélande cet été (alors que le pays entre en phase hivernale), on peut redouter qu’il y ait le même type d’épidémie l’hiver prochain en France, car c’est comme ça que ça se passe pour la plupart des infections respiratoires », explique Didier Raoult.

La Nouvelle-Zélande avait déclaré ne plus avoir de cas depuis 25 jours avant d’annoncer, il y a quelques jours, la découverte de deux nouveaux cas britanniques, non testés à leur arrivée sur le territoire.

Quant à l’évolution de l’épidémie, le spécialiste des maladies infectieuses et directeur de l’IHU précise :

« Les statistiques sont moins faites ailleurs sur l’épidémie que sur les morts. Je crois qu’on est les seuls (à l’IHU Méditerranée Infection) à surveiller les choses au temps du diagnostic. Donc, on a, ici, comparé la distribution des cas nouveaux de ce Coronavirus avec la distribution des quatre autres Coronavirus qui circulent tout le temps et qui ont circulé à Marseille. Cela s’est fait sur des milliers de prélèvements. On a toujours une distribution en cloche, avec quelques cas sporadiques ».

À la fin de cette vidéo, Didier Raoult revient sur l’étude concernant les patients traités dans son établissement et défend, une nouvelle fois, les résultats du traitement controversé à base d’hydroxychloroquine, toujours utilisé à Marseille.

LA CRAINTE DE MACRON

Le président de la République française, Emmanuel Macron, a une hantise : voir redémarrer l’épidémie après deux mois de confinement qui ont mis la France à terre.

Un scenario noir auquel il pense constamment. «Une deuxième vague serait épouvantable, casserait le moral des Français et briserait le redémarrage économique », reconnait-on dans l’entourage du Chef de l’État français.

Lors d’un récent Conseil des ministres, il a mis en garde son gouvernement et estimé qu’il était « trop tôt pour crier victoire » même si « la voie était bonne ».

À juste titre d’ ailleurs, car l’apparition, ces derniers jours, de plusieurs foyers de contamination suscite des inquiétudes sur les risques d’une nouvelle propagation de la Coveid-19.

Une recrudescence des cas est confirmée en Normandie, où le coronavirus est toujours actif et très contagieux. En Auvergne-Rhône-Alpes, et en Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), la situation est sous surveillance.

Au 19 juin, 239 clusters ou foyers de contamination (hors établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes et milieu familial restreint) ont été identifiés : 219 clusters en France métropolitaine et 20 dans les départements et régions d’outre-mer, rapporte Santé Publique France.

Robert Kongo, correspondant en France

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