mercredi, avril 14
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Tensions politiques en RDC: CACH et FCC en alerte maximale

Les spécialistes et gestionnaires des conflits parleraient d’une veillée d’armes au sein de la coalition au pouvoir au pays de Lumumba. Les tensions politiques jonchent en conflits larvés. Impossible de danser indépendance “Tcha Tcha” en ce moment “M”.

Les épisodes ayant jalonné la situation politique et sociale la semaine dernière en République démocratique du Congo (RDC) a sensiblement diminué la confiance au sein de la coalition FCC-CACH, à tel enseigne qu’ils se méfient désormais l’un et l’autre. Les pourparlers sont interrompus depuis belle lurette. Cette absence de dialogue a failli tout capoter le week-end dernier. Il suffisait encore d’un peu d’étincelles pour assister à la déconfiture.

Les propositions des lois Minaku et Sakata et l’interpellation du Vice-premier ministre et ministre de la justice, sont les déclics. Mais ces deux épisodes n’ayant pas connu leur dénouement, la situation reste tendue, présageant un lendemain incertain.

Si au niveau de l’Assemblée nationale, les propositions des lois Minaku sont en examen, Tunda Ya Kasende quant à lui, est en résidence surveillée, en attendant la suite de la procédure. Mais FCC demeure égal à lui-même. “Si le Ministre de la justice est arrêté, nous allons déstabiliser le pays“, menace Kikaya Bin Karubi sur son compte tweeter.

Certes, ” le FCC est prêt à tout si le Procureur de la Cour de cassation n’abandonne pas des poursuites judiciaires contre Tunda Ya Kasende “, murmure un communicateur de la famille politique du Sénateur à vie.

Pourtant, les magistrats qui ont été reçus par le Chef de l’État dimanche 28 juin, ne jurent que par l’instauration effective d’un Etat de droit qui est aux antipodes des pratiques au Congo-Kinshasa. Si Tunda est arrêté, certainement que ça sera le point culminant d’un divorce aux conséquences incalculables.

Cependant, le Congolais lambda ne comprend pas pourquoi la faute commise par le ministre de la justice est interprétée différemment au CACH et FCC. Le Congolais moyen digère mal l’interprétation tendancieuse de mêmes lois par ceux là qui se disent ” Professeurs en droit et juristes“.

Pendant ce temps, c’est encore la levée des boucliers dans les deux camps au sujet de la démission du gouvernement. Le Premier ministre a adressé un message au Chef de l’État par voie médiatique et réseaux sociaux. Ilunkamba fait des remarques au Commandant suprême et lui montre l’itinéraire à suivre. A propos, des réactions ont fusé de partout pour condamner la méthodologie “moyenâgeuse” du septuagénaire.

Kitenge Yesu, Haut Représentant du Chef de l’État, qualifie le communiqué du Premier ministre de ” style boiteux, tortueux, contradictoire, hors contexte, irrespectueux, mensonger, d’une insolence poltronne, dénote l’absence de conscience publique “.

Entre temps, les rumeurs sur la démission du Premier ministre sont persistantes. Au sein du FCC, les caciques ne jurent que par cette option. “Démissionner afin de passer de la coalition à la cohabitation“. Mais les ministres au gouvernement ne voient pas les choses de cette manière, car incertains de se retrouver au prochain gouvernement. ” Carpe diem”, conseillent les Romains.

Coalition et cohabitation

A propos de la mutation en cohabitation, le député national Thomas Lokondo prévient qu’il n’y aura ni vainqueur ni vaincu entre le CACH et le FCC. Mais selon Me Richard Nsenda, si le Gouvernement démissionne, le Président peut refuser cette démission, et c’est une crise qui amènera à la dissolution du Parlement tant souhaitée par la majorité de la population. Me Richard ajoute que le Chef de l’Etat peut considérer cette démission, mais il sera obligé de renvoyer au chômage les élus nationaux. Voilà ce que ne veulent pas plusieurs députés contactés par la rédaction de média plus.

Rien ne rassure que si je retourne auprès des électeurs, ils me renouvelleront leur confiance, surtout que je n’ai encore rien fait pour eux “, craint un élu de Mbujimayi qui a requis l’anonymat. Ce genre de réactions sont légion au FCC. ” Les propositions des lois de Minaku ne nous laissent aucun crédit auprès des électeurs qui ruminent déjà une sainte colère contre nous“, déplore un élu de Rutshuru, membre du regroupement allié au CACH.

Un acteur de la société civile estime quant à lui que le FCC a multiplié intentionnellement beaucoup de gaffes ce dernier temps. ” Peut-être que c’est une prémonition “, estime-t-il. En attendant, des stratégies sont montées, des réunions tenues nuitamment dans chaque camps pour neutraliser l’autre.

Plusieurs observateurs relativisent cette crise en rassurant que le changement d’un système politique à un autre (Etat de droit) laisse toujours des stigmates. “ Il y en a qui ne voudront pas s’acclimater, parce que n’y trouvant pas leur compte“, explique Justin-Moïse Kadima Kabongo, Président de l’Udps/Kintambo. Pour lui, ces conflits sont des douleurs d’enfantement. ” Le FCC doit assumer”, conseille-t-il.

Une source diplomatique présage une rencontre de deux autorités morales dans les heures qui suivent. Selon la même source, Tshisekedi et Kabila sont fâchés l’un contre l’autre. En témoignent moult déclarations faites par leurs lieutenants. Tout ceci arrive malheureusement la veille de la célébration de 60 ans d’indépendance de la RDC. Une tâche d’huile dans la fête déjà gâchée par la Covid- 19.

Déjà, les fins limiers de médias plus sont à pied d’œuvre pour le recoupement de toutes les séquences dans tous les camps qui entretiennent déjà un conflit latent. Mais la population ne demande rien d’autre que paix et pain.

Bajika Ndeba

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