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60 ans d’indépendance de la RDC: la SCED inquiète du silence de F. Tshisekedi sur le sort de l’année scolaire 2019-2020

La Société congolaise pour l’État de droit (SCED), une organisation non gouvernementale de défense des droits de l’homme et de la bonne gouvernance active dans l’espace Kasaï, a réagi au discours du chef de l’État, dans une déclaration publiée  mardi 30 juin 2020.

Ayant fait sa propre lecture de certains faits annoncés et  salué plusieurs points soulevés par le président Tshisekedi dans son allocution, la SCED “reste sur sa soif quant au sort de cette année scolaire dont la poursuite des activités reste suspendue à la suite de la COVID-19“.

Déclaration de la Société pour l’État de Droit sur le discours du Président de la République à l’occasion du soixantième anniversaire de l’accession de la RDC à son indépendance

  1. La SCED a suivi avec un intérêt tout particulier l’adresse du chef de l’État à la nation de  ce lundi 29 juin 2020.
  2. La SCED se réjouit globalement de ce message, car la  parole du Chef  était très attendue au regard de la récente actualité politique et judiciaire.
  3. Concernant les aspects du discours en rapport avec le respect des droits fondamentaux de l’homme, la SCED note positivement le chemin parcouru par la mise en oeuvre de la gratuité de l’enseignement de base. Mais, elle ne comprend pas  le mutisme du Président de la République sur la reprise et la clôture des activités scolaires exercice 2019-2020. Ce silence est-il à comprendre comme une  déclaration d’ ‘année blanche qui ne dit pas son nom ?
  4. S’agissant de la défense et de la protection des valeurs démocratiques, la SCED est parfaitement d’accord avec le Président de la république lorsqu’il assimile la justice dans l’État de droit au sang qui coule dans le corps humain. Et surtout lorsqu’il réitère son profond attachement à l’indépendance de la justice.

La SCED salue le courage du Chef de l’État pour avoir pris position en faveur des réformes judiciaires qui visent l’efficacité et l’efficience du fonctionnement du système judiciaire et pour avoir catégoriquement refusé de donner son  quitus à toute initiative législative qui porterait atteinte à l’indépendance de la magistrature. À cet effet, la SCED recommande à la Chambre basse un agissement conséquent.

  • Quant à l’efficacité du fonctionnement du système judiciaire, la SCED ne voudrait pas comprendre la solution que préconise le Magistrat Suprême au problème de la couverture insuffisante de la justice comme un chapelet de bonnes intentions.Elle l’exhorte à traduire ses engagements en actes concrets pour se démarquer des discours déjà entendus dans ce pays,  et à faire en sorte que la justice cesse d’afficher  le visage malheureux d’un parent pauvre,  surtout dans la Province du Kasaï où le Directeur général, le Bâtonnier Dominique Kambala, effectue une mission de travail.
  • Enfin, pour terminer avec la lutte contre l’impunité dont l’expression est revenue 5 fois dans le discours, la SCED se demande pourquoi le Chef de l’Etat n’a pas pris  une position claire sur l’initiative parlementaire qui vise à mettre en place un mécanisme de lutte contre la corruption par voie législative  concurremment avec l’Agence de prévention et la lutte contre la corruption déjà mise en place par voie d’ordonnance ?

Par ailleurs, la SCED note une avancée dans la pensée du Président de la République qui, hier, se refusait  de fouiner dans le passé, mais,  qui aujourd’hui, reconnaît l’absolue nécessitè de ne “rien oublier ou effacer concernant les crimes graves”.

La SCED demande au Chef de l’État de lever toute  dichotomie dans la lutte contre l’impunité dans ce sens que,  d’une part, et pourtant dans un État laïc, il entend mener la lutte contre l’impunité avec les versets bibliques du genre “les méchants sont priés de changer pour qu’ils aient la vie sauve”.  Et, d’autre part, il recourt à la justice pour élever la nation !

Bien plus, comment peut-on  privilégier la réconciliation pour protéger les bourreaux du peuple congolais, et en même  temps priver les nombreuses victimes d’atrocité du  droit à la vérité, à une réparation et à la garantie de non répétition ?

Quel sens peut-on  accorder à cette réconciliation pendant que le sang des innocents crie tous les jours et que les larmes des victimes de graves violations des droits de l’homme ne cessent de couler ?

Bon anniversaire.

Fait à Tshikapa, le 30 juin 2020.

Pour la Société congolaise pour l’État de Droit

Bâtonnier Dominique KAMBALA NKONGOLO.

Directeur Général

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