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La France honore les soldats africains ayant combattu pendant la Seconde Guerre mondiale

Un livret a été publié, mercredi 1er juillet 2020, par le ministère français. des Armées afin d’inciter les maires des communes françaises à baptiser leurs rues, places, écoles et autres jardins publics des noms de soldats africains ayant combattu pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale.

Ce livret, intitulé « Aux combattants d’Afrique, la patrie reconnaissante », est le fruit d’un important travail de recherche de la part de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG) et du service historique de la Défense.

Il est publié dans le cadre d’une convention avec l’Association des maires de France, et a été remis aux parlementaires des Commissions de la Défense et des Forces armées de l’Assemblée nationale et du Sénat par la secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées, Geneviève Darrieussecq, lors d’une cérémonie organisée à l’hôtel de Brienne, dans le 7e arrondissement à Paris.

Un corpus de 100 fichiers biographiques de combattants Africains a été établi, ayant participé à la bataille de France, aux combats de la France libre, à la libération du territoire lors de la Seconde Guerre mondiale.

Grâce à ce livret, les maires de France vont désormais pouvoir choisir de mettre en lumière un combattant, une unité ou encore un événement de l’époque parmi les notices proposées.

Maxime Ruiz, coauteur du livret et chargé de mission mémoire à l’ONACVG, explique, dans « Le Monde Afrique », que « le choix des soldats s’est fait en prenant en compte la diversité des régions françaises dans lesquelles ils ont combattu, ainsi que la variété de leurs pays d’origine ».

« LA FRANCE A UNE PART D’AFRIQUE EN ELLE »

L’ouvrage, qui retrace les parcours militaires de 100 combattants africains morts pour la France, rappelle que l’Afrique a été l’un des premiers continents à envoyer des contingents de soldats à la France libre du général de Gaulle.

Il rappelle aussi que ces quelques 70.000 militaires représentaient plus de 80% des effectifs ayant débarqué en Europe.

« En mélangeant leur sang à notre terre, ils ont payé un lourd tribut au combat contre le nazisme », écrit Geneviève Darrieussecq dans la préface de ce livret de 210 pages, comme le rapporte le journal.

La secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées « compte sur les députés et sur les sénateurs pour être des ambassadeurs d’une part de notre mémoire collective, parfois oubliée [et] sur les représentants de la nation et des territoires pour porter auprès des maires et des conseillers municipaux le souvenir de noms, de visages, de morts pour la France, oubliés des lieux publics », indique le site internet du ministère des Armées (Actualités).

Geneviève Darrieussecq insiste sur la nécessité de valoriser une part de l’Histoire trop méconnue car « ces identités, ces vies sont celles des combattants africains de la Seconde Guerre mondiale. Comme lors de la Grande Guerre, ils ont – avec leurs frères d’arme d’Indochine, du Pacifique et de tous les territoires où la France exerçait son influence – combattu pour notre pays ».

« C’est vrai qu’il y a eu un manque de reconnaissance à l’égard de notre armée d’Afrique, mais il n’est pas trop tard (…). Notre liberté, on la doit à nos alliés, à la résistance et à cette armée africaine. Cette diversité des combattants a permis la construction de notre pays. Il est important d’en être conscient et de les honorer », explique la secrétaire d’État au « Monde Afrique ».

Au lendemain du second tour des élections municipales, ce livret est un outil à destination des maires de France, notamment les nouveaux élus, qui souhaitent répondre à l’appel du président de la République lancé en août 2019 à Saint-Raphaël, dans le Var, lors du 75e anniversaire du Débarquement de Provence.

« Faire vivre par le nom de nos rues et de nos places la mémoire des combattants africains (…) morts pour la France, morts pour notre idéal, ces combattants méritent la reconnaissance pleine et entière de la Nation ».

« La France a une part d’Afrique en elle. Notre gratitude doit être impérissable », avait déclaré Emmanuel Macron.

Par Pierre Despa

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