mercredi, avril 14
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Nord-Kivu : seuls 9% des agents du secteur judiciaire à Butembo, Beni et Lubero sont supportés par le gouvernement congolais

La situation des agents affectés dans le secteur judiciaire dans les villes de Butembo, Beni et dans les territoires de Beni et Lubero inquiète.

Les récentes statistiques présentées à l’issue d’une enquête menée au sujet de leur prise en charge par le Trésor public peignent un tableau sombre.

Dans un monitoring qu’il a réalisé depuis février 2020 et dont les résultats viennent d’être publiés, l’ONG Réseau pour la défense des droits de l’homme (REDDHO) regrette que les greffes, les tribunaux, les secrétariats des parquets, les personnels des prisons, les juges ainsi que les agents au service notarial sont quasiment ignorés par l’État congolais.

Sur 284 agents œuvrant dans le secteur de la justice dans tout le Grand Nord du Nord-Kivu, seulement 28 sont immatriculés et payés par le gouvernement congolais.

À travers le même rapport, le REDDHO note que le Tribunal de grande instance de Butembo compte 24 greffiers dont 21 non payés.

Pour celui de Beni, il a seulement recensé 3 payés sur les 12 agents.

À la prison centrale de Butembo, un seul est reconnu par l’État aux côtés de 6 impayés, alors qu’à la prison de Beni, aucun agent n’est payé sur les 23 affectés à cette maison carcérale.

Pour ce qui est du greffe du Tribunal de commerce de Butembo, aucun agent sur les 25 n’est payé.

Pour les 13 membres des services notariaux, seulement 4 sont immatriculés et payés.

L’ONGDH répertorie 116 greffiers des services judiciaires dans cette zone. Mais, seulement 10 sont supportés par le Trésor public.

Au Parquet, 10 secrétaires sur 88 que compte le Grand Nord-Kivu pour des agents prestant à des prisons, un seul a un numéro matricule. Et la liste n’est pas exhaustive.

Face à ce tableau sombre, l’organisation non gouvernementale redoute que la justice à Butembo, Beni et à Lubero puisse en pâtir, que les agents soient emportés par la corruption ou influencés par les nantis en faveur des démunis.

Elle exhorte tous les chefs des services judiciaires, oeuvrant dans cette partie du pays, à envoyer régulièrement leurs dossiers aux instances hiérarchiques pour solliciter l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail.

Aux autorités congolaises, elle demande de se pencher sur cette question en vue de matérialiser l’État de droit tel que souhaité par le chef de l’État.

Nous avons eu à recommander au ministre de la Justice d’avoir un regard positif sur le personnel de son ministère en envoyant leur dossier au ministère de la Fonction publique pour mécanisation“, a recommandé Me Muhindo Wasivinywa, coordonnateur du REDDHO à Butembo.

Charles Mapinduzi Bin Kisatiro

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