dimanche, avril 11
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Nord-Kivu : six mois après leur reddition, des ex-rebelles disent être abandonnés à leur triste sort à Mubambiro

Six mois après leur reddition aux autorités congolaises, des anciens rebelles, ceux essentiellement cantonnés dans le site de Mubambiro près Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, se plaignent de conditions pénibles qu’ils connaissent.

Dans une déclaration qu’ils viennent de rendre publique, ces ex-combattants dénoncent “la méfiance du gouvernement” à leur égard alors que des promesses allant dans un sens comme dans un autre, garantissaient une prise en charge ainsi qu’un suivi adéquats qui devraient aboutir à la démobilisation et/ou à la réinsertion sociale.

Il s’agit principalement de 2 anciens chefs rebelles qui haussent le ton.

Messieurs Kakule Jeteme du groupe armé AFRC et Bolikoliko Mingeya Gassero de l’UPDC, réaffirment leur détermination à participer au rétablissement de l’autorité de l’État en République démocratique du Congo mais, critiquent ouvertement l’attitude affichée par Kinshasa, qui n’est pas de nature à favoriser l’éclosion de la vraie pacification de l’Est.

Considérant le sort qu’il leur a jusque-là été réservé, ces derniers remettent en cause la volonté et la détermination de Félix Tshisekedi à donner la paix aux Congolais de l’Est.

Ils n’excluent pas leur intention de regagner la brousse pour relancer leurs activités guerrières si le gouvernement congolais ne s’occupe pas d’eux.

Ça fait pratiquement 6 mois que nous avons répondu à l’appel du président de la République de déposer les armes et nous rendre aux FARDC. Monsieur le président, à plusieurs reprises dans vos discours vous répétez toujours le message selon lequel vous vous êtes engagés dans la pacification de la RDC. Mais, navrés, il n’y a aucun signe qui prouve réellement à ce dévouement. Nous craignons que l’histoire se répète. Dans notre site de transit de Mubambiri, il y a une sorte de méfiance observée chez les autorités. Il s’avère que tout ceci est planifié pour nous amener à retourner dans nos milieux respectifs afin de renouer nos anciennes activités“, écrivent-ils dans leur document.

Depuis le lancement des opérations de traque des groupes rebelles à l’Est du pays, le 30 octobre 2019, des milliers de combattants ont volontairement renoncer à leurs activités en se rendant aux autorités militaires.

Cependant, à la suite de leurs conditions de cantonnement, certains se sont de nouveau retranchés pour rejoindre le maquis, rendant ainsi difficile le processus de restauration de l’autorité de l’État au Nord-Kivu.

Par Charles Mapinduzi Bin Kisatiro

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