mercredi, mars 3
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Tshisekedi en Belgique : les couloirs politiques débattent

La visite privée du Président Félix Antoine Tshisekedi en Belgique alimente le débat dans les milieux politiques. Les fins limiers, qui scrutent à la loupe, les faits et gestes du premier des Congolais, croient savoir les motifs de cette visite privée. Ils les disent à mi-voix préférant ne pas allumer la mèche en pleine crise pandémique de Covid-19.

« Comme ça lui a beaucoup manqué ! », s’exclame un cadre de Lamuka en ironisant sur le fait que le Président de la République était, avant la période de confinement, un abonné présent et fidèle des vols internationaux. Ce même cadre se demande s’il ne peut pas être possible pour le Chef de l’Etat de rester longtemps dans son pays.

Les réseaux sociaux ne se sont pas tus à ce sujet. Et là les commentaires vont dans tous les sens. « Le pigeon voyageur reprend son activité de toujours », lance avec humour un internaute sur Tweetter. Dans le fil des commentaires, les tweetos ne sont pas du tout tendres. Ils y sont allés avec ironie : « il n’attendait que ça », « Il revient aux amours d’avant confinement ».

Mais le fait que Fatshi voyage juste quelques jours après la fête de l’indépendance du pays (30 juin) passe au peigne des analystes. Le choix de la Belgique pour cette visite privée n’est pas aussi neutre. Tshisekedi s’est rendu dans la puissance colonialiste de son pays, dont le Roi a prononcé un discours d’excuse et de demande de pardon à l’endroit des Congolais pour les crimes commis lors de la colonisation.

Il y a donc des raisons pour certains analystes de voir dans cette visite une démarche diplomatique officieuse tendant à raffermir les relations non seulement belgo-congolaises mais surtout les relations politiques personnelles, indispensables à un Tshisekedi toujours en quête des soutiens internationaux pour contrôler le sérail politique de son pays très volatile.

Cette raison n’est pas suffisante pour persuader les farouches opposants de Fatshi. Ils voient en la Belgique un pays d’enfance du Chef de l’Etat congolais. Et de ce fait, sa visite privée n’est qu’une opportunité pour lui de retrouver ses amis d’enfance « avec lesquels il allait prendre un verre ».  Pour eux, rien de bon ne proviendrait d’une telle visite. « Elle ne peut en aucun cas profiter au pays. Au contraire, les caisses de l’Etat ne font que saigner avec de telles visites », regrette un cadre de l’Ecidé, parti chef à Martin Fayulu.

Ce cadre soulève la préoccupation de distinguer entre une visite officielle et privée pour le Chef de l’Etat. Selon lui, « cette distinction ne s’est jamais faite dans ce pays où la limite n’est pas clairement établie entre la poche individuelle d’un homme d’Etat et celle de l’Etat ». De la spéculation aux analyses, aux allures sérieuses, les méandres politiques ont eu encore de quoi se remettre sur la bouche.

Rifort

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