samedi, avril 17
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[Tribune] Pacification du Nord-Kivu : entre le chef de l’État, le gouvernement, les FARDC, la Monusco, les miliciens… qui ment au peuple?

Le vice-président de la Société civile du Nord-Kivu, Edgar Mateso, qui semble également lassé par la cruauté interminable dans cette province, tacle les autorités du pays ainsi que différents acteurs qui interviennent dans des conflits armés. Dans les lignes suivantes, Médi@Plus vous propose la quintessence de sa tribune libre.

Le Nord-Kivu, spécialement l’espace Beni-Lubero, ne cesse de demeurer le théâtre des atrocités des groupes armés nationaux et étrangers. De fois, ces porteurs illégaux d’armes s’apprennent aux civils, tendent des embuscades aux forces loyalistes, ou se tournent les canaux… Dans tous les cas, ce sont toujours les civils qui en payent le lourd fardeau.

Face à cette tragédie, le chef de l’État congolais, Félix Antoine Tshisekedi, n’a cessé de promettre la restauration de la paix aux Congolais de la partie Est de la RDC.

Ce message est fortement relayé par le gouverneur de province et reste une chanson monotone des FARDC avec leurs compagnons d’armes, la MONUSCO. Est-ce de la démagogie à la congolaise?

Pour concrétiser la promesse du président de la République, les gouverneurs du Nord et du Sud-Kivu ont mis en place, malheureusement sans financement, la CIAP-DDRC, une Coordination interprovinciale chargée de la démobilisation et la réinsertion communautaire des combattants qui accepteraient volontairement de quitter la brousse.

Pour pallier le problème des finances, la MONUSCO, à travers la parole d’honneur de David Gresley, a promis, tambour battant, rendre disponible tout le financement nécessaire, afin de matérialiser cette vision du chef de l’État qui rejoint l’assentiment du peuple.

Par respect au mot d’ordre du chef de l’État, les chefs Maï-Maï du Nord-Kivu, si pas tous, sinon au moins la plupart, ont déclaré être favorables à quitter la brousse et remettre leurs armes.

Certains se sont même cantonnés dans certains sites comme à Kalunguta/Beni et à Mubambiro/Masisi. D’autres ont annoncé leur incessante reddition.

Les FARDC, dans leurs sorties médiatiques, annoncent chaque fois le lancement des derniers assauts, les dernières opérations de nettoyage..Entre temps sur terrain c’est le statu quo…

Elles ne peuvent même pas réoccuper un seul village abandonné par les miliciens qui s’attaquent les uns contre les autres, ni neutraliser ceux qui boycottent l’appel du chef de l’État.

Bien au contraire, elles restent à l’entrée de chaque route de desserte agricole pour percevoir les 500Fc de chaque motocyclette.

Le trafic des drogues reste une monnaie courante entre les villages des combats et les grandes agglomérations du Nord-Kivu.

Sur terrain, rien n’avance. Bien au contraire, la situation va du mal en pis : des affrontements chaque jour, des déplacés sans assistance, des blessés de guerre, des villages entiers complètement sous contrôle des miliciens.

Quel est en fait le problème réel ? Qu’est-ce qui bloque ? La présidence ? Le gouvernement ? Le gouverneur de province ? CIAP-DDRC? MONUSCO? FARDC? Miliciens ?

De leur côté, les députés semblent oublier que tous ont exploité le manque de paix au Nord-Kivu comme slogan de campagne. Une fois élu, la lutte change de camp.

Cessez de flouer le peuple, arrêtez de nous l’exposer. La paix, c’est un droit et non une faveur. Agissez.

Par Charles Mapinduzi Bin Kisatiro

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