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Les puissants d’hier se plaignent dans les rues de Kinshasa

Qui l’eût cru ? Le Front commun pour le Congo (FCC) organise une marche, ce jeudi 23 juillet 2020 à Kinshasa, pour dénoncer ce qu’il qualifie de “déviations et retour à la dictature”, pour refuser la présence des soldats étrangers sur le sol congolais, précisément dans la partie Est du pays. Mais aussi, pour “soutenir les institutions démocratiques”. Et enfin, “décrier la hausse du dollar américain”.

Emmanuel Shadary, Lambert Mende, Néhémie Muilanya, Steve Mbikay, Évariste Boshab, She Okitundu, Ruberwa, Jean-Pierre Kambila et tous les hauts cadres dans la rue ? A première vue, on croirait à une insolite, mieux à un épisode d’un théâtre de chez nous. Pourtant !

Ils accusent la Police qui refuse de réprimer les manifestants, d’être à la solde du parti présidentiel. Un revirement spectaculaire digne d’une action d’action.

La famille politique du Sénateur à vie marche et réclame aussi. Ils sont mécontents et se disent prêts à défendre la démocratie dont, selon eux, Joseph Kabila est le “père”.

Il y a deux ans, les marcheurs de ce jeudi étaient des ministres, directeurs de cabinets du Président de la République, mandataires,… et avaient opté pour une certaine attitude. Les voir aujourd’hui se plaindre dans la rue, les Kinois y voient l’accomplissement de saintes écritures : “Il y a un temps pour tout“.

Le pouvoir a réellement changé de camp, les puissants d’hier deviennent les pleurnicheurs d’aujourd’hui, les experts en dédoublement des partis politiques et en violation intentionnelle de la Constitution seront dans la rue. Votre marche n’est que le début d’une très longue marche qui vous attend, vous n’avez encore rien vu “, affirme Christian Beseme, cet internaute connu pour son parler.

Pour Hubert Kwete, cadre de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), “les membres du FCC marcheront sans gaz comme c’est fut du temps de leur règne. Ils ont le bonheur de manifester sans enregistrer mort d’hommes, tout simplement parce qu’il y a maintenant l’État de droit“.

Cependant, les curieux seront nombreux à vouloir admirer cette marche des puissants d’hier qui estiment que le pays retourne à la dictature mobutienne.

Il eût un soir, et il y eût un matin“, renseigne le livre le plus lu du monde. La leçon à tirer de cette manifestation de la plateforme de Joseph Kabila est pédagogique. Tout se paie ici bas. Il est donc intéressant de considérer que rien n’est éternel sur la terre des hommes.

Je souhaite que ces gens puissent inhaler aussi les gaz, qu’ils sentent ce que le peuple a senti depuis le chant du coq “, indique Pierrot Tshitamba, un Congolais déçu. Mais les temps sont révolus, les manifestants d’aujourd’hui ne connaîtront pas ce que la population a connu depuis la nuit de temps.

Par Bajika Ndeba

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