mercredi, avril 14
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Marche de soutien aux institutions : un non-sens ?

Le FCC a organisé, jeudi 23 juillet, la marche pacifique pour “soutenir les institutions de la République, issues de l’alternance pacifique au pouvoir de janvier 2019”. Ce fameux soutien semble aller à l’encontre des positions prises par ce même FCC contre certaines medures prises par ces mêmes institutions qu’il entend soutenir. Ce qui frise un « non-sens » dans la démarche du FCC.

« Nous allons marcher pour soutenir les institutions issues de l’alternance pacifique », a déclaré la Conférence des présidents des partis politiques du Front commun pour le Congo (FCC).

Quelles sont alors ces institutions qui doivent être soutenues si ce n’est d’abord : le Président de la République ; le Parlement ; le Gouvernement et la Magistrature.

A côté du soutien, les cadres de la plateforme de Joseph Kabila dénoncent « les violations récurrentes de la Constitution », allusion faite aux dernières ordonnances présidentielles, portant nominations dans l’armée et l’appareil judiciaire qui n’ont pas été contresignées par le Premier ministre.

Les actes du Président de la République, la première institution du pays, sont débattus sur la place publique jusqu’à lui faire la morale et lui apprendre le cours du droit constitutionnel. Comme cette institution a reçu des flèches de toutes parts ! Est-ce cette même institution qui est soutenue par cette marche organisée ce jeudi 23 juillet ?

Au FCC de répondre. Mais est-il qu’il y a contraste entre le dire et le faire de la famille politique de l’ancien président de la RDC. La voir critiquer les nominations du Président de la République révèle que les alliés au pouvoir ne se parlent pas encore sur les questions sensibles de leur coalition. Félix Tshisekedi et Joseph Kabila s’étaient juré de se consulter sur certaines questions, dont les nominations.

Au regard de l’agitation constatée au FCC sur ces nominations et du contreseing des ordonnances par le Vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur émanant du camp présidentiel, le Cap pour le changement (CACH), il y a lieu de comprendre que les deux partenaires de l’alternance pacifique au pouvoir, ne sont pas en odeur de sainteté.

J. Kabila et F. Tshisekedi, les deux acteurs ocultes

Il y a entre eux un duel qui ne dit pas son nom. Et ce sont leurs proches qui dévoilent au grand jour cette guerre silencieuse. Mais attention ! La politique n’est pas ce qui se dit le jour mais surtout ce qui se fait la nuit. Qui sait si Kabila joue sa partition en ne voulant pas donne l’impression qu’il s’est retiré complètement des affaires, au risque d’être haï et cible des représailles de ses anciens proches ?

Sous cet angle, il est possible que Kabila ait déjà lâché cette famille, avec laquelle elle a vécue pendant 18 ans au pouvoir. Le dire ou le manifester clairement peut lui attirer des ennuis de ceux qui maîtrisent bien quelques coins de sa petite vie. C’est ainsi qu’il jouerait à la prudence.

Pour le soutien aux institutions annoncé par le FCC dans sa marche, il y a une nette contradiction entre les actes posés et les mots triés du beau dictionnaire politique pour atténuer la tension.

Par Ric KAP

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