vendredi, mars 5
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Après les nominations : Comment le FCC veut embrouiller Tshisekedi ?

Les nouvelles mises en place dans l’armée et justice, par le Président de la République, sont considérées comme une grande gifle sur son allié de la coalition, le FCC de Joseph Kabila. L’agitation observée autour de ces nominations indique que la plateforme de l’ancien président a été blessée. Est-ce pour autant qu’elle va se déclarer vaincue ? Les plans sont mijotés pour tenir en tenaille « celui qui se permet tout maintenant ».

La tactique misée est celle de l’encerclement avec des dossiers, circonstances lourdes pour voir comment Tshisekedi va s’en sortir. Tous les coins cardinaux de la politique tshisekediste seront ainsi quadrillés. Il y a de quoi entendre dire « la guerre sera longue, voire éternelle ». Si Tshisekedi a dévoilé sa face noire au grand jour, les caciques du FCC ont encore quelques cartouches en réserve et comptent les lancer, chacune en son moment opportun.

Comme une meute des chiens enragés lâchée, telles sont ces cartouches. La dangereuse d’entre elles est la stratégie se reposant sur le fameux « on va paralyser le pays », d’Emmanuel Shadary. Dans cette logique du « coup sur coup », les guerres scissionnistes, menées par des milices obscures et nuisibles, sont nécessaires et utiles pour ceux qui tiennent à tout prix à revenir au pouvoir.

Les indo-libano-pakistanais crachent-ils sur le Franc congolais

La présence de John Numbi à Lubumbashi, après avoir refusé de rentrer à Kinshasa, cacherait un plan bien ficelé pour mettre en mal un Tshisekedi dont les oreilles ont dépassé la tête. La stratégique province de Tanganyika, dans les mains de Zoé Kabila qui, au-delà d’être un cadre du FCC, est le frère biologique de l’ex-président, peut beaucoup apporter dans cette stratégie. La réapparition brusque du nébuleux M23 est un signe avant-coureur de la concrétisation de ce plan. Tout indique que ce mouvement militaire était juste désactivé. Le spécialiste du levier vient d’appuyer sur le bouton « ON ».

A la carte militaire, il y a cette pesanteur économique déjà enclenchée. Des sources sûres rapportent que la dépréciation de la monnaie locale, par rapport à la devise américaine, est le résultat des manigances à la « Kingakati ». Le doigt est pointé sur ces nombreuses sociétés indo-libano-pakistanaises, en liens très serrés avec l’ancienne famille présidentielle et qui contrôlent à leur guise les fluctuations économiques.

Le fait que l’ancien Premier ministre, Augustin Matata Ponyo prévoie une hausse de taux de change jusqu’à 26.000 FC pour 10 dollars US, est révélateur d’un plan déjà concocté. Les chants, entonnés dans la marche du FCC, de jeudi 23 juillet, demandant « à Joseph Kabila de revenir pour gérer le cas du taux de change parce que Fatshi n’y arrive pas » sont aussi révélateurs.

Quand Kabila séduit Katumbi

Une autre carte est celle d’écarter les potentiels alliés du CACH de Tshisekedi qui envisage la redéfinition de la majorité parlementaire. Dans cet ordre d’idées, une nouvelle alliance politique devait voir le jour entre CACH, Lamuka et l’AFDC-A de Modeste Bahati. Les contacts sont déjà établis dans ce sens comme l’attestent les prises des positions mesurées, des leaders de ces plateformes, indiquant un rapprochement virtuel.

Là, il faut arrêter cette manigance CACH. Si les négociations semblent accélérer entre Tshisekedi et Bemba, elles vont à pas de tortue avec Moïse Katumbi qui, pourtant, était très disposé de soutenir « son ami et frère » Tshisekedi. La cause ? Kingakati a sonné. Le charme de Kabila à Katumbi (fort de 78 sièges à l’Assemblée nationale) serait ainsi la raison cachée du report de la marche anti-Malonda, prévue à Lubumbashi le 13 juillet.

Plusieurs notables katangais font le médiateur, entre les deux anciens amis devenus ennemis, pour qu’il y ait réconciliation. Ils ravivent la fibre d’appartenance à une seule province entre les deux. Katumbi tempère et s’interroge. Mais Kabila espère freiner élans rebelles d’un Tshisekedi qui veut voler plus haut. Ses doux yeux sur Katumbi ne visent pourtant qu’à faire échouer le plan de Tshisekedi, car l’actuelle vraie force de Kabila est sa majorité parlementaire.

Pour le moment, le silence légendaire de Kabila résonne mais c’est en véritable tireur de ficelle qu’il œuvre. Comme sur un échiquier, le sénateur à vie avance les pions bien plus que quiconque. Pour l’instant, il y a un « murin en béton ». Combien de temps ce béton résistera-t-il face aux coups répétés du « burin » ? Les éclairs sont en l’air.

Par Médi@Plus

1 Comment

  • paul kazadi

    La politique est la gestion de la cité. Je ne vois pas en quoi les sorcières du FCC ont le souci de ce pays. Ils confondent Business et politique.
    Nous, population, sommes prêtes en 2023 pour reagiter le carton rouge, comme en 2018 contre tout candidat du FCC.

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