mercredi, mars 3
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Richard Kighusu : “Ces séries de marches qui confortent le chef de l’Etat”

Les forces politiques et sociales du pays ont remué l’actualité congolaise à travers des appels à manifester qu’ils ont isolement lancés, et parfois, pour des revendications dissemblables.

D’abord l’UDPS, ce parti au pouvoir qui a mérité pour avoir combattu, 37 ans durant, dans les rues du Congo-Kinshasa ( et elle ne semble pas prête à y renoncer) pour, soutient-elle toujours, l’avènement d’un État de droit. Ensuite, la coalition d’opposition Lamuka; puis, le Comité laïc de coordination, qui ont enfin été rejoints par le Front commun pour le Congo (FCC), la famille politique de l’ancien dirigeant congolais, Joseph Kabila.

A qui profite cette éclosion d’expression populaire pourtant inédite il y a peu? Le Chef de Travaux Richard Kighusu Kambale a trouvé la parade : Félix Tshisekedi. Dans les lignes suivantes, Médi@Plus vous propose la quintessence de sa tribune libre.

De quatre principales manifestations récemment organisées en République démocratique du Cobgo (RDC), il ressort que les revendications des organisateurs convergent sur la nécessité de consolider la démocratie et l’État de droit, deux chantiers prioritaires du Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Faute du soutien parlementaire, le soutien populaire devient incontournable

Si certains, pour la plupart, se sont levés contre la désignation jugée très “frauduleuse” et “dangereuse” de Ronsard Malonda comme futur dirigeant de la CENI, alors que sa personne est étiquetée d’office peu crédible au regard des résultats controversés de derniers scrutins dont il était co-responsable, -et contre les propositions de lois jugées “malveillantes” par rapport à l’indépendance de la justice,- d’autres sont descendus dans les rues pour “soutenir les institutions de la République”.

Pour Richard Kighusu Kambale, ces séries des manifestations constitueraient un soutien au Chef de l’État dont le soutien parlementaire devient hypothétique à cause de sa minorité numérique au Parlement où il a moins des députés que son allié. D’où, la crainte de fausses recettes législatives pour profiler les réformes qu’il ambitionne en vue d’un Etat de droit.

“Les manifestations dans les rues sont ainsi engagées pour jouer essentiellement le rôle de garde-fous, et tentent de faire entendre la voix d’un peuple ignoré par ses représentants“, explique Richard Kighusu Kambale. Elles deviennent, selon lui, de plus en plus une sorte de “censure au travail institutionnel qui semblait jusqu’ici s’aligner dans la perspective politicienne de compétition des camps, parties à l’accord de partage du pouvoir de coalition, au mépris de la nécessité d’améliorer la desserte en services publics“.

D’où la frustration de ceux qui pensent soutenir les institutions du pays (et donc opposés à un quelconque rôle à jouer par la rue) pour influencer les politiques publiques, alors que ces dernières sont supposées rencontrer leurs aspirations.

Entre actes institutionnels et référendum de la rue

Le débat politique se déplace ainsi dans la rue, d’une part, pour “contourner la mauvaise foi de l’ordre institutionnel en place jugé majoritairement non acquis aux aspirations du peuple“, relève Richard Kighusu. Et d’autre part, “pour prétexter soutenir les institutions en voulant décourager l’approche alternative de la rue qui est du reste préjudiciable aux intérêts politiques/politiciens de la majorité institutionnelle“, a-t-il ajouté.

Cet analyste note qu’en choisissant eux-mêmes de descendre dans la rue, ceux qui pensent soutenir les institutions du pays n’y croient pas non plus. Car, pense-t-il, “ils auraient dû les capitaliser pour redresser les irrégularités, caractéristiques du non-respect de l’ordre institutionnel par leurs animateurs ou par le garant de leur bon fonctionnemen”..

Ainsi donc, d’un côté le Chef de l’État et l’ensemble des institutions du pays posent leurs actes. De l’autre côté, la rue joue au référendum (pour ou contre), pendant que le train avance. “Quand le peuple prend conscience de ce à quoi il aspire, il le défend et, par la même occasion, encourage les institutions du pays à s’y pencher effectivement“, soutient le chef de travaux Richard Kambale.

D’après lui, Soutenir les institutions du pays, c’est s’inscrire dans la perspective fixée par le garant de leur bon fonctionnement, en tant qu’arbitre central.

“Si les supporters d’une équipe estiment qu’il y a nécessité d’exiger un forfait à l’équipe adverse, parce qu’à leur sens il y a irrégularité sur un dossier de joueur, mais ne se plaignent pas à l’instance compétente, c’est qu’il y a prise de conscience que l’objet de la plainte n’est pas fondé“, a conclu Richard Kighusu Kambale .

Par Charles Mapinduzi Bin Kisatiro

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