mercredi, mars 3
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Carlos Benga : “Appréciation miraculeuse du franc congolais : l’odeur d’une escroquerie à ciel ouvert”

La monnaie nationale congolaise a-t-elle arrêté sa descente aux enfers ou doit-on encore attendre? Prudent, le Chef de Travaux Carlos Benga prévient que le Congolais risque d’en faire les frais.

Dans une réflexion sur la situation actuelle où le franc congolais semble magiquement rebondir sur le dollar américain, lui y voit une escroquerie préméditée d’affairistes qui essaient de profiter du moment décisif que traverse le Congo pour se gonfler les poches.

En effet, l’analyste reste persuadé que tout le monde a envie de voir la monnaie nationale peser sur le marché national et international. Mais, dit-il, “ce à quoi on assiste depuis le tout début du mois d’août est trop brusque pour rassurer un Congolais averti, qui n’a point besoin d’être un spécialiste en la matière (au sens académique du terme) pour dénicher la malice, même s’il estime que la génération spontanée n’a jamais été du domaine de l’économie, mieux, de la macroéconomie”.

Il reconnait que le Gouvernement de la République et la Banque Centrale s’évertuent depuis un temps dans des manœuvres pour arrêter la chute vertigineuse du franc congolais face à la monnaie américaine mais qu’il reste tout de même très peu réaliste de s’imaginer un exploit où en un espace de 48 heures, où le taux de change soit ramené de façon magique de plus de 2.000 fc à moins de 1.500 fc le dollar.

Partant des explications des responsables de la politique monétaire au pays, Carlos Benga rappelle qu’une légère appréciation du franc congolais a été obtenue à la faveur de l’injection d’une quantité de devises couplée au retrait d’une certaine masse flottante de la monnaie congolaise. Toute proportion gardée, renchérit le Chef de Travaux, les projections objectives n’accordent pas à ce processus une chance de succès au-delà de 1.800 fc pour 1 $.

“En bons calculateurs, les « commerçants du dollar » appelés cambistes y trouvent une opportunité à capitaliser au maximum tout en simulant la bonne foi du bon citoyen. Ils rachètent le dollar à vil prix au motif fallacieux de la baisse du taux de change. Sûrement qu’ils le revendront selon le tarif officiel aux guichets attitrés ou selon la valeur (±2.000 fc/1$) encore en vigueur ailleurs qu’à Kinshasa, seule ville (presque) où la magie semble porter instantanément ses effets, ou encore plus tard, quand la Banque Centrale aura épuisé ses cartouches. Dans cette optique, ces affairistes sont capables de décréter unilatéralement un taux de change de 1.000 fc, même moins, car plus ils baisseront le prix d’achat du dollar, plus ils élargiront leur marge de bénéfice”, démontre-t-il, avant de conclure :

“Sans détour, nous sommes en présence d’un crime économique dont le pays et le citoyen feront énormément les frais. Cet incivisme porte un coup dur au pouvoir d’achat du ménager, tant les prix restent inchangés en monnaie nationale. En plus, la dilapidation à grande échelle d’une fortune difficilement amassée en dollars précipite aux enfers le pauvre travailleur à l’économie toujours vulnérable. Et l’Etat constate seulement que son pouvoir régulateur du climat socioéconomique traîne dans la rue. La RDC est malade de ses propres enfants”.

Charles Mapinduzi Bin Kisatiro

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