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Aimé Bukasa : ” ces autorités morales sont (…), des criminels économiques (…) avec plein de sang en mains”

Devant l’appropriation des partis politiques congolais, l’inconstance des acteurs politiques, Aimé Bukasa, Président national du Parti politique “Force pour le développement du Congo (FDCO)”, s’est entretenu avec la rédaction de Médi@plus, ce mercredi 5 août 2020 à Kinshasa. Ci-dessous, l’intégralité de son interview.

Il est souvent reproché aux acteurs politiques congolais, une inconstance sans précédent. Il leur est reproché le vagabondage politique. Seul un petit nombre fait la différence. A votre avis, qu’est-ce qui peut justifier ces va-et-vient ?

Il y a très peu de politiciens idéalistes au Congo, c’est beaucoup plus des opportunistes et des traitres, malheureusement.

Certains analystes pensent que ces acteurs politiques sont plus guidés par les intérêts que la conviction. Votre réaction ?

Puisqu’ils sont traitres et opportunistes, c’est clair que ça sera toujours la recherche du positionnement individuel qui va toujours les animer. Le mot conviction est à rayer dans le dictionnaire politique actuel congolais. Il faudra un changement radical dans la classe politique congolaise corrompue .

Au Congo-Kinshasa, la notion d’idéologie politique ne semble pas mieux intériorisée. Les plateformes surtout, n’en tiennent pas compte. Qu’elle en est la cause ?

Puisque la conviction de servir sa patrie n’existe pas, donc les politiciens congolais sont prêts à tout, pourvu qu’ils se retrouvent. Donc les alliances ne peuvent pas être idéologiques dans une réalité pareille. Ici gauche, droite, centre, ça aucune importance.

Il est constamment évoqué les alliances contre nature. Les communistes pactisent avec les capitalistes ou démocrates. Que faire pour normaliser cet imbroglio ?

Il faut nettoyer cette médiocrité. Le pays a besoin d’avancer, mais pour avancer à pas sûr, il faudra impérativement avoir des politiciens modèles, qui fondent leur engagement sur des valeurs éthique et morale, sur une idéologie pour laquelle ils sont prêts à mourir comme Mandela, des hommes et femmes intègres et honnêtes et qui sont dans la politique pour inspirer et non dégoûter, pour laisser un héritage positif aux générations futures comme ce fut le cas avec Lumumba, Tshisekedi Etienne, Maô, Kaddafi…

La jeunesse se lamente de n’avoir pas beaucoup de repères politiques, étant donné l’inconstance des congénaires. Leur indignation est-elle légitime ?

Affirmative est ma réponse.

Vous êtes Président national de Force pour le développement du Congo (FDCO). Quelles sont les erreurs des prédécesseurs comptez-vous réparer.

Un parti politique n’est pas une association d’amis ou un bien privé appartenant a son Président fondateur. Bannir l’hypocrisie et le culte de la personnalité. Investir beaucoup dans la formation des cadres du parti pour en faire de vrais politiciens et non des flatteurs au service des intérêts obscurs. L’arrogance et manque d’humilité. Arrêter avec cette appellation malheureuse “autorité morale ” alors que ces autorités sont à moralité médiocre, des criminels économiques et politiques avec plein de sang en mains .

Quel est votre mentor en politique ?

Vladimir Poutine, Thomas Sankara, Kaddafi.

D’après vous, quel est le parti politique qui a le mérite d’être comme modèle de constance ?

Celui qui est réellement au service de son peuple. Malheureusement je n’en vois pas encore au Congo, par contre dans le monde il y a le parti communiste chinois, le FPR au Rwanda de Paul Kagame, le parti au pouvoir au Bostwana…

S’il vous était donné d’intégrer un regroupement politique, lequel choisirez-vous?

Le CACH, mais pas dans sa configuration actuelle En deuxième choix, Ensemble si le projet se matérialise .

Propos recueillis par Bajika Ndeba

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