mardi, avril 20
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Kisangani : OLPA dénonce la brutalité policière contre les journalistes

L’Observatoire pour la Liberté de la Presse en Afrique (Olpa) invite, dans une correspondance, le Vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Gilbert Kankonde Malamba, à instruire les services de son ministère à prendre des mesures pour la protection des journalistes et de leur matériel, lors des rassemblements populaires.

Cette organisation non gouvernementale de défense et de promotion de la liberté d’information, basée à Kinshasa, proteste vigoureusement contre la brutalité policière vécue, le 28 juillet, à Kisangani, chef-lieu de la province de Tshopo, par des journalistes.

OLPA fait état du molestement, le 28 juillet, par des éléments de la Police nationale congolaise, au carrefour du stade, entre les communes de Makiso et Tshopo, de plusieurs journalistes des organes des médias locaux.

Il cite, parmi les molestés Delphin Bitumba, Jason Lohose, Jean Claude Funde, Justin Lifoli, Patrick Mangala, Pepe Lisungi, Pompon Beyokobana, et Trésor Botamba, respectivement journalistes aux stations privées de radios et télévisions Canal Congo Télévision (CCTV), Radio télévision numérique Boyoma (RTNB), Radio Force des médias télévision (RFM TV), Organisation pour la protection de l’environnement et de développement (OPED FM), Radio Flambeau de l’Orient (RFO) et Mwangaza FM.

Il en est aussi de même de Sebastien Mulamba et Steve Tisseron, respectivement éditeur du journal Kisangani news et journaliste du média en ligne Kis 24.info, tous basés à Kisangani. Les éléments de PNC/Kisangani ont violemment dispersé ces journalistes alors qu’ils effectuaient leur reportage sur un rassemblement organisé par un regroupement des mouvements citoyens locaux, dénommé « Collectif Tshopo Telema », qui exigeait la démission de M. Walle Lufungula, gouverneur de la province de Tshopo.

Plusieurs d’entre eux, note Olpa, s’en sont sortis avec des lésions corporelles après des
tirs du gaz lacrymogène et à balle. L’organisation indique que leur matériel de travail (camera, cartes de service, téléphones,…) a été gravement endommagé et perdu.

En outre, Henri Likoko, éditeur du journal Publi-Kis paraissant à Kisangani, a été interpellé le 27 juillet, par un groupe d’agents de PNC/Kisangani sur ordre de M. Jean Ntongo, ministre provincial de l’Intérieur, au moment où il se trouvait dans une bureautique en train de rédiger un article sur le rassemblement du « Collectif Tshopo Telema ».

“Le journaliste a été conduit manu militari au Parquet général de Kisangani où il a été entendu sur procès-verbal par un magistrat, qui l’a inculpé d’outrage à l’autorité, puis immédiatement transféré à la prison centrale de Kisangani. Il a recouvré sa liberté, le 30 juillet, après payement d’une caution de 40.000 Francs
congolais”, regrette Olpa.

Directives du chef de l’État

L’organisation rappelle que lors de la 34ème session ordinaire du Conseil des ministres du 3 juillet, le Président de la République avait fait part aux membres du Gouvernement de sa vive préoccupation, au sujet de certaines mesures attentatoires aux libertés individuelles et collectives. Ce, du fait de certains exécutifs provinciaux allant de la fermeture des médias, d’arrestations arbitraires en violation de la loi.

Le Chef de l’Etat avait demandé sans délai que toutes mesures liberticides soient rapportées au risque, pour les contrevenants, de s’exposer aux poursuites pénales.

Pour Me Alain Kabongo, Secrétaire exécutif de Olpa, le fait d’incarcérer un journaliste
et d’infliger de mauvais traitements à plusieurs autres, est de nature à enfreindre l’instruction du Chef de l’Etat évoquée précédemment.

Ces actes constitue, selon lui, des atteintes graves à la liberté de la presse garantie par la loi congolaise et les instruments juridiques
internationaux relatifs aux droits humains, dûment ratifiés par la
RDC.

Par GK

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