mardi, avril 20
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Les juges Kilomba et Ubulu, ce penalty en or pour Tshisekedi

Plusieurs sont les cadres du FCC qui saluent la bravoure et l’esprit d’indépendance des juges Kilomba et Ubulu, qui ont renoncé, à leur nomination à la Cour de cassation, préférant finir leur mandat de la Cour constitutionnelle (qui court jusqu’en avril 2021). Leur recours adressé au Président de la République a des allures d’une leçon de droit lui administré.

Comme un étudiant dans son auditoire de la faculté, Tshisekedi a lu au tableau et a appris la Constitution, qu’il a semblée respecter, et la loi organique régissant la Cour constitutionnelle, qu’il a ignorée au vu de sa nomination de ces deux juges « inamovibles » à la Cour de cassation. « Qui a mal conseillé le Président de la République ? », s’interrogent ironiquement certains cadres du FCC qui, visiblement, se réjouissent de l’attitude des deux juges car, allant dans la logique de contestation des ordonnances présidentielles du 17 juillet, jugées irrégulières.

L’absence de Jeanine Mabunda et Alexis Thambwe Mwamba à la cérémonie de prestation, mardi 4 août, des hauts magistrats récemment nommés a laissé transparaître la colère qui gronde au FCC qui ne digère pas les récentes mises en place dans la magistrature. Le recours des deux juges est alors à rapprocher de cette furie jacassante dans la famille Kabila.

Est-ce que Félix Tshisekedi n’a pas des gens autour de lui qui maîtrisent cette fameuse loi organique de la Cour constitutionnelle, pour afficher une telle honteuse ignorance publiquement ? Une telle lecture est à recadrer quand l’opinion sait qu’il y a de têtes pensantes à côté et dans la pensée du fils de Sphinx de Limete.

Il y a alors lieu d’examiner les mobiles cachés ayant poussé Tshisekedi à donner cette impression d’ignorant de la loi organique. Même si les cas de jurisprudence (Juges Vunduawe, Luzolo Bambi qui se sont vus appeler à servir ailleurs qu’à la Cour constitutionnelle en dépit de leur mandat inamovible), qui sont évoqués pour justifier le transfert de ces deux juges de la Cour constitutionnelle à la Cour de cassation, ne convainquent pas certains analystes, il y a possibilité de trouver un autre argumentaire ailleurs.

Quand Lwamba s’en allait

Et le cas « Président de la Cour constitutionnelle Benoît Lwamba » peut inspirer. Le FCC a été surpris par la démission de ce juge sur qui il comptait pour beaucoup de dossiers devant compliquer Tshisekedi. Contre toute attente, Lwamba a démissionné préférant s’exiler en Europe, pour des soins dont lui seul a le secret.

Mais les clairvoyants ont vite repéré une jongle de Tshisekedi qui a travaillé sur la lassitude de ce grand juge et « ses distances d’avec les positions nuisibles du FCC ». Lwamba en avait marre des injonctions de sa famille politique qui ne jurait que par la concoction d’un plan d’éviction du 5e président. Tshisekedi, aidé par ses laboratoires, a pu jouer et obtenu sa démission. Ce qui lui a permis de prendre la main sur la Cour constitutionnelle, qui était, jusque-là, un théâtre du FCC.

Le même jeu s’applique aussi pour ces deux juges, qui ne tiennent pas compte de la qualité du transfert. Ils sont comme des joueurs d’un club africain qui refusent d’aller jouer au FC Barcelone. Y a-t-il mieux pour eux à la Cour constitutionnelle qu’à la Cour de cassation ? Eux seuls savent le pourquoi de leur fidélité à cette Cour qui a un trait direct avec le Président de la République. Ce qui fait réfléchir ce que le mandat auquel ils s’accrochent se termine en avril 2021. Donc, plus que 8 mois et ils seront sans fonction.

Comme ces joueurs du quartier qui ne rêvent pas Mazembe

Mais le Président de la République semble les avoir récompensés en leur donnant une autre possibilité de servir la Nation jusqu’au-delà de ces 8 mois qui leur restent. La bonhomie de Tshisekedi n’a pas été saisie.

Certains collègues de Kilomba et Ubulu leur ont conseillé l’élégance pour ne pas saboter poliment la démarche du Président de la République. Mais hélas ! Là, il faut vite voir en eux une prudence pour ne pas être en porte-à-faux avec leur famille politique.

Rien n’indique que ce sont ces deux juges qui ont signé ce recours, tout étant possible au FCC. Le démenti de la démission de Lwamba, le communiqué du Premier ministre, ne reconnaissant pas les nominations du Président de la République ont démontré que la bande à Néhémie Mwilanya était capable d’imposer sa loi contre la conviction de quiconque s’opposerait à sa démarche. Le recours des juges pourrait bien être un produit de laboratoire des caciques du FCC qui tiennent à manquer du respect au chef de l’Etat.

Pourtant, cette démarche n’a jamais apporté des résultats escomptés au FCC. Toutes les circonstances ont tourné en faveur de Tshisekedi qui a bien utilisé la carte Lwamba contre la plateforme de son partenaire Joseph Kabila.

Le FCC vient-il d’offrir un autre penalty en or au 5e président ? Il peut user de son pouvoir pour faire sanctionner doublement, voire triplement, ces deux juges : perte du siège de la Cour constitutionnelle, perte de la promotion à la cassation et traduction en justice pour l’insubordination et l’indélicatesse vis-à-vis de la première institution du pays.

Les choses vues sous cet angle dénotent la solidification des murs de soutènement du fameux « Etat des droits » qui n’arrange pas certains cadres du FCC. Devant une perche sans gardien, Tshisekedi n’a qu’à enfoncer le cuir. Ce qui lui donne de s’émanciper petit à petit d’une coalition qui lui veut échec.

Par Ric KA

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