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Réouverture des églises : la bienvenue à « Amen, amenez l’argent »

Dimanche 15 août, les oreilles se préparent à écouter ce qu’elles n’ont pas entendu depuis 4 mois. « Alléluia », dira le pasteur. Les fidèles répondront par « Amen », qui veut dire « qu’il en soit ainsi ». Mais entre « amen » et le verbe « amener », il n’y a qu’un pas. Ce qui justifie, peut-être, la demande croissante des offrandes par certains pasteurs. A la réouverture des cultes, certaines pratiques, toujours décriées chez certains « hommes de Dieu », se préparent à reconquérir l’espace spirituel.

Une photo est en train de devenir virale sur les réseaux sociaux. Elle donne à voir un homme, inconnu mais présenté comme pasteur, en pleine séance de prière, croupissant sur les masques, communément appelés cache-nez. Les internautes ont vite eu la matière à interpréter. « C’est le début de la souffrance des fidèles » ; « Cache-nez magique ou spirituel » ; « Opération rattrapage », ce n’est qu’un échantillon des commentaires tournant cette photo en dérision.

En clair, certains internautes craignent l’exagération de certains pasteurs dans la demande des offrandes. « Nous allons les entendre ordonner aux fidèles l’achat des cache-nez qui viendraient de l’Israël, de l’eau bénie, des savons et gels hydro-alcooliques au pouvoir de guérison contre cette pandémie à la Covid-19 », alerte un internaute. Déjà la photo virale indique que certains pasteurs sont en train de se préparer à « rançonner » leurs fidèles.

Le Coronavirus sera ainsi un fonds de commerce. Avec des sermons adaptés à la circonstance, les prédicateurs de la « bonne nouvelle » seront plus tentés, comme d’habitude, à s’appesantir sur le rendez-vous du donner et du recevoir avec Dieu. En d’autres termes, ils vont apprendre aux membres de leurs églises, la loi de semailles et de la moisson. « Qui ne sème pas ne moissonnera pas », prêche la bible.

C’est sur cette vérité que certains responsables des confessions religieuses tablent pour diversifier les offrandes. Et avec la pandémie de coronavirus, c’est fort possible de les voir inviter leurs adeptes à offrir à Dieu un sacrifice de guérison contre cette pandémie. Si cela est exagéré et même jugé d’escroquerie par d’autres « hommes de Dieu », s’estimant en règle avec la parole, ils ne manqueront de recommander aux fidèles « des actions des grâces » envers Dieu pour les avoir protégés contre cette maladie qui a décimé des milliers des personnes.

Parce que l’escroquerie est évoquée, elle aura plusieurs formes dans les « lieux saints ». Vente des cache-nez à 50 ou 10 dollars US pour des raisons que ces pasteurs évoqueront : « Cache-nez pour lequel le oint de Dieu a prié et jeûné pendant la période de confinement », « un cache-nez béni depuis Israël, le pays choisi de Dieu ».

Toutes les techniques sont bonnes pour contraindre le « peuple de Dieu » à offrir de belle manière à son Dieu. « Quand on sème beaucoup, on va récolter beaucoup. Celui qui sème peu, moissonnera peu », insiste-t-on dans les églises. Une préparation mentale, bien sûr, qui s’accompagne souvent avec le légendaire « C’est pendant le moment d’offrande que le diable travaille beaucoup pour empêcher les enfants de Dieu d’atteindre leurs bénédictions ».

Les enfants de Dieu savent distinguer les « vrais hommes de Dieu » de ceux qui ne le sont pas. Pour les naïfs, ils mordront à l’hameçon leur tendu par leurs « pères spirituels ». Dans cette optique-là, ces pasteurs ne feront que remplir leurs poches au détriment de ces misérables « peuples de Dieu ». La réouverture des églises s’annonce bonne pour « ces prédicateurs véreux » qui se préparent à récupérer les mois dévorés par les sauterelles. Le dimanche prochain souhaite la bienvenue aux « Amen, amenez l’argent ».

Par R.K.

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