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Haut-Katanga : HRW exige une enquête crédible sur les corps repêchés dans la rivière Lubumbashi

« Les autorités de la République démocratique du Congo devraient faire en sorte qu’une enquête approfondie soit menée sur la mort de quatre membres du parti politique du président Félix Tshisekedi, qui ont apparemment été assassinés », a exigé Human Rights Watch (HRW) dans un rapport rendu public le mercredi 12 août 2020.

Pour l’organisation américaine de défense et de promotion des droits de l’homme, cette enquête devrait être exhaustive, indépendante et impartiale. Elle doit inclure la vérification d’informations crédibles selon lesquelles d’autres personnes sont portées disparues et ont peut-être été victimes de disparitions forcées. Elle souhaite que les enquêteurs vérifient également des informations selon lesquelles les quatre hommes retrouvés morts avaient été détenus dans un bâtiment militaire à Lubumbashi, dans le sud du pays, à la suite d’une manifestation le 9 juillet 2020.

« La découverte macabre des cadavres, jetés dans la rivière quelques jours après une manifestation politique, constitue un avertissement glaçant au sujet de la liberté d’expression en RD Congo », a déclaré Thomas Fessy, chercheur principal sur la RD Congo chez Human Rights Watch. « Dans un contexte de vives tensions politiques, aucune piste ne doit être négligée et les autorités devraient poursuivre la recherche de la justice, où que l’enquête les mène », a-t-il renchéri.

Tueries ciblées

Le 8 juillet, des membres du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) de l’ancien président Joseph Kabila et des partisans de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) de Tshisekedi, se sont affrontés dans les rues de Lubumbashi.

Le 9 juillet, des manifestations massives se sont déroulées dans plusieurs villes, en protestation contre la validation hâtive, par l’Assemblée nationale, d’un nouveau président à la tête de la commission électorale nationale. Plusieurs sources ont confirmé qu’au moins 16 personnes avaient été arrêtées et placées en détention dans une concession de la 22e région militaire à la suite des manifestations à Lubumbashi.

Le 12 juillet, le cadavre de Dodo Ntumba, 49 ans, a été retrouvé flottant sur la rivière Lubumbashi. Le 13 du même mois, les corps de Mardochée Matanda et Héritier Mpiana, tous deux âgés de 18 ans, ont, à leur tour, été repêchés de la rivière. Le 3 août, les membres de la famille de Danny Kalambayi, 29 ans, ont reconnu son corps à la morgue, près d’un mois après l’avoir vu pour la dernière fois. Des témoins ont affirmé à Human Rights Watch que les quatre cadavres présentaient des traces de coupures et de mutilations, qui pourraient être le résultat d’actes de torture. Ils étaient tous membres du parti de Félix Tshisekedi.

Human Rights Watch s’est entretenu avec 39 personnes: membres des familles des victimes et de leur parti politique, avocats, activistes, responsables gouvernementaux et sources médicales, judiciaires et sécuritaires. Les sources ont confirmé que certains manifestants avaient été détenus par l’armée à la suite du rassemblement. « Mais on ignore encore leur nombre exact et ce qu’il leur est arrivé. L’enquête devrait établir si les quatre hommes récemment retrouvés morts faisaient partie de ce groupe et si d’autres sont toujours portés disparus et ont été victimes de disparitions forcées », a déclaré Human Rights Watch.

Elle devrait également expliquer de quel pouvoir légal les militaires étaient investis lorsqu’ils ont placé ces manifestants en détention.

Par GK

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