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RDC : le Prof Alphonse Maindo et l’écrivain Germain Nzinga prennent au sérieux les menaces contre Denis Mukwege

Les menaces contre le Dr. Denis Mukwege, prix Nobel de la paix, après son alerte sur les massacres de Kipupu font jaser. Sur la toile, des congolais cogitent et appellent les uns et les autres à prendre ces au sérieux ces menaces.

C’est le cas de l’écrivain Germain Nzinga qui réfléchit sur ce que cachent les menaces actuelles contre le Dr. Denis Mukwege. Il estime que le Prix Nobel de la paix dérange notamment ceux qui tuent en toute impunité, à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).

« Il dérange ce régime qui a développé l’habitude de prendre pour cible, toute élite intellectuelle congolaise; qui ose marcher à contre-courant de leur agir criminel ».

Pour lui, Denis Mukwege est devenu un “témoin gênant”. Car, “il dérange inévitablement ce système, décidé depuis 1996 à nettoyer des congolais. Leur objectif ? Prendre le contrôle du Congo et de ses richissimes ressources naturelles“, a fait remarquer Germain Nzinga.

Le Père Germain Nzinga compare ces menaces au prisme de la théorie de Jacques Semelin qui explique le mode opératoire des génocidaire dans: « Usages politiques des massacres et génocides ». Cet auteur met à nu la manière dont les manipulations de langage et des esprits préparent au passage à l’acte. Il est notamment question d’élaborer préalablement un imaginaire et une justification.

Ainsi, avant de s’attaquer à un individu ou à un peuple, les assassins se lancent dans une campagne de dénigrement. De ce fait, ils choisissent leur adversaire, en le chargeant de tous les maux “imaginaires”. Au finish, l’opinion risque de croire que seules sa disparition et la solution finale peuvent rétablir l’ordre social qu’il a brisé́.

« Cette campagne haineuse contre le médecin congolais est à prendre très au sérieux. Elle est indicatrice du projet échoué́ en 2012 lorsque les mêmes sicaires avaient décidé de mettre fin à sa vie », écrit l’écrivain.

Il craint que cette campagne soit pour préparer les esprits au pire qui peut s’abattre incessamment sur le prix Nobel de la paix. D’où, l’appel à ouvrir l’œil et le bon.

De son côté, le Professeur Alphonse Maindo de l’Université de Kisangani soutient l’analyse de l’écrivain Germain Nzinga.

A l’en croire, les historiens de la grande guerre ont bien décortiqué les mécanismes des tueries des masses. Georges Mosse notamment, a écrit : « De la grande guerre, la brutalisation des sociétés européennes ». Un ouvrage qui démontre comment les pourfendeurs fonctionnent : on construit l’image de l’ennemi en présentant l’autre comme un objet; un animal; un insecte. Bref, on les déshumanise pour faciliter sa mise à mort. Il n’est pas question de tuer son semblable.

Selon lui, ce travail de mobilisation culturelle joue un rôle crucial dans les tueries; les massacres; les assassinats. Surtout quand il faut tuer des proches.

Le Professeur Alphonse Maindo pense que cette mobilisation culturelle contre Dr. Mukwege, y compris les Bashi, est dangereuse. D’où , il faut la prendre au sérieux ces menaces.

Par GK

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