dimanche, mars 7
Shadow

Dans l’ivresse du football des Kinoises !

La Champion’s league européenne ! Les sirènes de la coupe aux grandes oreilles sont très puissantes. Après avoir attiré vers elles les Kinois, elles viennent d’ensorceler plusieurs Kinoises, de plus en plus nombreuses à s’intéresser aux matches de la prestigieuse compétition de l’UEFA. Mais les mobiles de cet intérêt vont au-delà de la simple passion.

Depuis la reprise des compétitions de football en Europe et la réouverture des bars et terrasses à Kinshasa, l’intérêt pour le sport le plus populaire a repris de plus belle.

Tous les bars, terrasses, qui longent les grandes artères des communes de Kinshasa, refusent du monde. La cause : regarder les matches des quarts de finale de la Champion’s league européenne. Mais pas tous les matches car, ce nombreux public n’est constitué que de deux catégories des fanatiques : les « Barcelonais et les Madrilènes de Kinshasa ».

Ce qui est curieux, c’est que le public est mixte. Autant d’hommes, autant de femmes. C’est rare de voir la gent féminine s’intéresser au football européen. Même si elles ont déjà été nombreuses à chanter après les victoires des Léopards de la RDC, elles n’ont jamais été aussi nombreuses et très intéressées au Championnat européen. C’est la mode. Résultat de l’effet Messi et Ronaldo ? La question demeure.

Les jeunes filles kinoises, habillées en couleurs des équipes Paris Saint Germain ; Barcelone, Juventus ; Manchester City…, ou arborant les écharpes frappées des insignes de ces clubs, sont devenues aussi spécialistes des débats sur le foot. C’est encore un fait rarissime. « Messi c’est un talent inné. Ronaldo est un produit fabriqué », s’adresse Sandrine, 22 ans, à un groupe d’autres supporters. « Le meilleur c’est Ronaldo. Qu’a fait Messi les trois dernières années? », rétorque Eunice qui tient à convaincre sur la supériorité de sa star préférée dans cette longue guerre.

Effet de mode ou un réel intérêt au ballon rond ? Les jeunes filles semblent être dans la deuxième manche. C’est plaisant de les voir réciter, par cœur, les noms des joueurs ; de parler, Internet aidant, de vie des couples de ces stars ; d’évoquer l’historique des clubs et des transferts des joueurs et de jouer même au pari sportif.

Là, c’est encore un autre fait qui pique. La ruée des Kinoises vers les maisons de pari est très observable. Sur la place Victoire ou à Kintambo Magasin, elles ne cessent d’affluer devant les kiosques pour parier en faveur de telle ou telle autre équipe. Le pari est-il l’explication plausible à la tristesse ou joie ressenties après matches ? C’est l’une des raisons mais l’amour envers son équipe reste toujours un facteur déterminant de ces émotions.

L’intérêt des filles au football semble contribuer à leur lutte pour la parité dans la mesure où ce qui, hier, était un domaine exclusivement masculin, ne l’est plus aujourd’hui. Elles ont ainsi peuplé un secteur d’orgueil masculin. Ce qui leur donne de gagner quelques points dans leur décomplexion. Mais attention ! « Elles suivent le football pour bien veiller sur leurs hommes à ne pas sortir avec des rivales », prévient Carlos pour qui, l’intérêt féminin au football a plusieurs mobiles.

« Non seulement qu’elles veillent sur leurs hommes, d’autres s’en servent comme appât pour attirer les hommes. Souvent, à la fin des matches ce sont des sorties romantiques ou des histoires d’amour que nous vivons entre elles et les hommes qu’elles ont attirés », révèle-t-il en esquissant un sourire.

Par R.K.

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