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Fayulu : les coups de la vie politique

Les sympathisants et cadres de la plateforme Lamuka étaient en nombre samedi 22 août 2020 à l’aéroport et au terrain Sainte Thérèse de Nd’jili pour accueillir leur président Martin Fayulu. Ce dernier revenait des USA où il a été bloqué par la fermeture des frontières suite à la pandémie de Covid-19.

Les habitants de la Tshangu en majorité, y étaient surtout pour entendre, écouter nouveau discours de directeur, des propos d’orientation après plusieurs mois d’absence au pays. Surtout que Madidi a changé le fusil d’épaule en renonçant à la vérité des urnes.

Dès lors, les Congolais tenaient à avoir le coeur net sur les enjeux et dangers de l’heure. Le président de l’Ecidé est rentré au pays avec Adolphe Muzito, premier ministre honoraire. Dans leurs allocutions qui s’apparentent à des dithyrambes, les deux membres du présidium de Lamuka ont créé de l’amphibologie et une diversion proverbiale.

Les spécialistes en analyse du langage révèlent deux faits divergents dans les rhétoriques de samedi 22 août au terrain Sainte Thérèse: il y a d’abord l’évolution dans la pensée et agir de Fayulu. L’homme qui sait égayer par sa danse “se ye” ne s’attaque pas encore à Tshisekedi comme Président pantin, placébo ou étiquette, mais comme dictateur.

En second lieu, c’est le paradoxe. Fayulu n’a rien dit de nouveau dans son adresse à ses militants pourtant venus se ressourcer. A la place, ce sont des accusations de détournement sans la moindre preuve. Comme leader, le prochain Coordonnateur s’est juste amusé de dénoncer sans prouver.

Fayulu qui s’était plaint du comportement des juges de la Cour constitutionnelle dans le traitement des contentieux électoraux, condamne aujourd’hui la nomination de deux juges par le Président Tshisekedi, en remplacement de ceux décriés. “Le président de l’Ecidé veut une chose et son contraire et fait un effort pour ne pas apprécier”, révèle un étudiant en démographie de l’Université de Kinshasa.

Madidi accuse le Chef de l’État d’avoir rabaissé le budget de 11 milliards à 3,5, sans sans des éléments probants, sans convaincre. Il préconise des élections anticipées, sans expliquer par quel mécanisme. Celui qui se dit “légaliste” manque de patience pour attendre 2023 et tenter une nouvelle chance, cette fois-là avec une autre configuration. “Élections anticipées pour quelle raison?”, s’interroge Me Jean-Claude Katende, président de l’Asadho.

Tout est pur pour ceux qui sont purs

Le candidat malheureux n’a vu que du noir. Aucun mot sur les prouesses dans la riposte contre la Covid- 19. Comptant sur la foule venue pour diverses raisons, Martin s’est contenté des menaces toujours et encore sur le Président de la République. Il a bien oublié l’adage latin: ” turba mutata (la foule change) “. Aucun élément nouveau dans ses harangues. Certains observateurs ont dû confondre son adresse à celle du citoyen lambda.

Fayulu Madidi se limite à féliciter la police pour l’encadrement du meeting, mais insulte le commandant suprême de rien faire depuis qu’il est au pouvoir. Il a vite oublié qu’il y a deux ans, il ne pouvait manifester sans essuyer des balles, gaz lacrymogènes et coups de matraque à la tête. Après le meeting, il est allé paisiblement à son hôtel, alors que jadis, il était directement conduit à l’hôpital pour des soins appropriés.

Certes, Fayulu a connu des coups de la vie sociale, mais ceux de la vie politique semblent avoir laissé des stigmates. L’homme ne digère toujours pas son échec à la présidentielle de 2018. Ajouter à cela sa déconfiture en cours de téléchargement avec ses amis de Lamuka. Des coups de la vie qui changent l’art oratoire de celui proposait que menacer.

Adolphe Muzito a évoqué quant à lui la mauvaise gouvernance et s’est en pris contre la coalition FCC-CACH. L’économiste Noël Tshiani ne lui a pas laissé l’occasion. Dans un tweet, ce dernier épingle les trois années de calamités où Muzito était premier ministre, période où la corruption, le détournement, la concussion et le tribalisme allaient crescendo. ” Muzito est devenu aujourd’hui donneur des leçons ? Si la honte pouvait tuer”, s’est exclamé un journaliste de RTVS 1, la chaine de Muzito qui compte plusieurs mois d’impayement.

L’ex-Premier ministre rumine sa haine et réitère sa détermination à empêcher les investisseurs de venir en RDC. Voilà qui a courroucé les Congolais patriotes qui tiennent au décollage économique de leur pays. “Même les critiques évoluent quand il y a des actions dans l’intérêt du peuple”, ironise un cadre de Lamuka qui apprécie l’arrivée la semaine dernière des investisseurs allemands et américains.

Là où les étrangers, à l’instar des Sénateurs américains voient le progrès, les deux leaders de Lamuka font semblant d’ignorer la vérité. “Opposition oui, mais constructive”, tance un membre du CACH.

Devant ces discours alambiqués, le peuple qui apprécie le faible commencement estime que l’heure n’est pas à la critique parce qu’il faut critiquer, mais à la conjugaison des efforts pour un Congo uni, fort et prospère. Tout autre propos de nature à charcuter et à diviser, n’est pas le bienvenu.

Bajika Ndeba

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