mercredi, mars 3
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Les coulisses du défilé diplomatique chez Fayulu

La déclaration du duo Fayulu – Théodore ne cesse d’alimenter les réseaux sociaux et la classe politique qui se livre à des commentaires en sens divers. La position du duo affichée semble avoir érigé un rideau de fer entre Madidi et ses alliés d’hier de la dynamique de l’opposition.

Le président de l’Ecide (Engagement citoyen pour la démocratie) est tranchant : Félix Tshisekedi a commis l’irréparable et doit payer cash. Pour lui, le Parlement doit se saisir du dossier et accuser le Chef de l’État de “haute trahison”. Objectif : la destitution du Chef de l’État.

Au lendemain des propos controversés du candidat malheureux à la présidentielle de 2018, des diplomates ont défilé à l’hôtel Faden House, siège de l’Ecide, domicile et bureau de Martin Fayulu. D’abord, la représentante spéciale du Secrétaire général des Nations-Unies, Leïla Zerougui, l’Américain Mike Humer et le diplomate britannique en RDC.

“A quoi rime ce défilé diplomatique ? “, la question oratoire que se pose le Congolais lambda. A propos, même les observateurs avertis sont divisés. Les uns estiment que ces hôtes sont allés rappeler à Fayulu de poser ses deux pieds sur terre, de cesser d’attiser le feu de la division aux conséquences incalculables, mais aussi d’abdiquer d’encenser la fibre tribale.

Une thèse fortement soutenue, vu le rapprochement entre le Chef de l’État congolais et les USA à travers le très populaire Ambassadeur américain Humer. Pour ce camp, les USA qui affichent clairement leur soutien à Tshilombo Tshisekedi ne sont pas prêts à tolérer dérapage et diversion. Voilà qui justifie l’essentiel de leur entretien, s’imaginent ceux qui soutiennent cette position.

Pour d’autres, du reste moins nombreux, ce défilé présage un éventuel dialogue tant souhaité par ceux qui trouvent qu’il y a une crise multiforme au Congo-Kinshasa. Les tenants de cette posture cogitent qu’il y a des revendications de l’opposition impérieuses à prendre en compte.

Le désarroi

Mais même là alors, les avis sont partagés. Quelle sera la matière des concertations ? Étant donné que chaque jour qui passe, Fayulu présente des nouvelles sorties de crise. Tantôt c’est les élections anticipées, tantôt la destitution du Président de la République, ou encore l’intangibilité des juges de la Cour constitutionnelle, lesquels juges étaient qualifiés de Kabilistes par le locataire de Faden House.

Une autre opinion est celle de certains politiciens comme Franck Djongo, Jean-Claude Mvuemba, Roger Lumbala, Noël Tshiani et la plateforme CACH qui déduisent que Fayulu joue sa dernière partition vouée d’avance à l’échec.

La réaction du secrétaire général de l’Union pour la démocratie et et le orogrès social (Udps) et celle du Frobt commun pour le Congo (FCC) illustrent bien le bicéphalisme au sein de la coalition au pouvoir. A disséquer les propos des uns et des autres, des analystes établissent un parallélisme entre Fayulu et le FCC. C’est d’ailleurs pour cette raison que, Jean-Claude Mvuemba a demandé à Jean-Pierre Bemba et Katumbi de se désolidariser de Madidi.

Conséquences logiques de ce revirement spectaculaire, les Congolais assistent à une nouvelle reconfiguration de la classe politique. Des départs et adhésions sont enregistrés au quotidien de part et d’autres. Ceci donne à penser que tout peut arriver à tout moment.

Pendant ce temps, dans les deux camps, c’est la veillée d’armes. La confiance diluée, la peur gagne du terrain, les complots foisonnent et les stratégies de nuire à l’autre se peaufinent des nuits entières, à la place des projets de développement du pays.

Voilà qui n’avance pas le pays, voilà des pesanteurs qui tirent vers le bas. Mais que dit le souverain primaire à propos ? Le peuple demande la paix, le pain, l’emploi, l’eau et le courant. Ce peuple qui n’est pas dupe, s’apprête à se prendre en charge pour neutraliser ceux qui l’aliènent.

Par Bajika Ndeba

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