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Kananga : cri de détresse des vieillards de l’hospice de Kamuandu

Les vieillards et autres personnes du troisième âge hébergés à l’hospice Kapinga Wa Badibanga, oeuvre philanthropique de l’Église évangélique de sacrificateurs (EES), en ville de Kananga, vivent dans des conditions qui laissent à désirer. Le reporter de Média@Plus qui s’y est rendu, dresse un tableau sombre des conditions de vie de ces personnes de troisième âge qui ne vivent que de la charité de gens de bonne foi.

L’Oeuvre philanthropique Kapinga Wa Badiba nga (OPHIKA) est située à proximité du cimetière Kamuandu, dans la commune de Ndesha, dans la ville de Kananga, chef-lieu de la province du Kasaï Central,

L’un des principaux pourvoyeurs de cet Home de vieillards, en nourriture et vêtements, c’est l’Église évangélique des sacrificateurs dont le fondateur est le “Prophète de l’Arc-en-ciel”, Kadima Bakenge Musangilayi, Le MUAKUIDI.

D’autres églises de Kananga interviennent aussi sporadiquement, en apportant de la nourriture à ces vieillards. Aucune aide de la part du gouvernement provincial, moins encore de la division des affaires sociales n’est à signaler dans cet hospice.

Malgré la philanthropie faite par les religieux en faveur de ces personnes vulnérables, les besoins sont énormes. Il faut noter que l’assistance de ces religieux aux vieillards n’est pas régulière.

Par exemple, dans la tradition de l’ESS, les adeptes de cette église -les Bakuidi, comme on les appelle- organise un culte de charité une fois l’an, avec les locataires de l’OPHIKA, dans l’enceinte même de cet hospice.

Ce culte qui se transforme en festin, se tient souvent au mois de janvier de chaque année, question d’échanger des voeux de nouvel an avec les personnes vulnérables. Lors de ce culte, les Bakuidi prient et communient avec les vieillards, en partageant avec eux de la nourriture, des vêtements et autres présents recueillis en amont auprès des fidèles de l’église.

Cependant, nul ne peut garder les aliments pendant une année dans son ventre ni porter un même habit pendant cette même période.

À notre arrivée sur place, il nous est rapporté que trois mois se sont écoulés que ces vieillards n’ont rien à mettre sous la dent. Ils n’ont reçu aucune visite de leurs bienfaiteurs et manquent même à manger et à boire. Les soins de santé pose également des sérieux problèmes.

Par manque de prise en charge sanitaire, deux vieillards sont morts en l’espace de deux mois, suite à des courtes maladies“, ont confié quelques uns d’entre eux.

Face à ce cri d’alarme, un groupe d’étudiants se sont mobilisés pour venir à la rescousse de ces vieillards avec quelques articles. Ils sont descendus, le jeudi o3 septembre 2020 à Kamuandu, pour rendre visite philanthropique aux nécessiteux.

Contacté, Benoît Mutombo, Secrétaire général de l’Église évangélique des sacrificateurs affirme que, ces vieillards sont pris en charge par l’église et un calendrier précis est élaboré pour les ravitailler.

Le calendrier de ravitaillement de ces vieillards est sûrement respecté“, a dit Benoît Mutombo, avant de souligner qu’il y a moins d’un mois, l’église a organisé les funérailles de son représentant légal, le “Kerub” Willy Kadima Wa Kadima Luse, ce qui justifierait le manque d’assistance aux vieillards, depuis un mois. Il a promis d’envoyer une équipe “d’ici-là”, pour aménager le milieu et apporter de l’aide nécessaire à ses “brebis”.

Démunis et sans aucune ressource, la vie de ces personnes vulnérables est en danger. Un cri de détresse est lancé à l’endroit des organisations humanitaires, au gouvernement provincial et autres personnes de bonne volonté pour venir au chevet de toutes ces personnes dans le besoin. Une action caritative est vivement attendue car, ils sont exposées à la faim et autres maladies vu la vulnérabilité de leur âge.

L’Oeuvre philanthropique Kapinga Wa Badibanga porte le nom de la mère du prophète Kadima dont la charité n’était pas à démontrer. L’hospice existe depuis plus de trois décennies et est géré par l’Église évangélique des sacrificateurs. Au moins 88 personnes dont 35 hommes et 40 femmes sont hébergées dans cet hospice. On y trouve également des enfants qui sont nés au sein même de l’hospice.

Par Fabrice Kabamba, depuis Kananga

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