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Kinshasa : l’ASADHO dénonce la “détention illégale” de 17 ressortissants du Kasaï à la prison militaire de Ndolo

L’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO) se dit “préoccupée” par la “détention illégale” durant une année et 3 mois de 17 civils, ressortissants de la province du Kasaï Central, sous prétexte qu’ils font partie de la milice Kamuina Nsapu.

En 2016, le chef coutumier Kamuina Nsapy avait été assassiné lors des affrontements causés par le conflit de succession qui l’opposait à son frère Ntenda.

Pour mettre fin à ce conflit coutumier, le ministre de l’Intérieur de l’époque, Évariste Boshab, avait envoyé en intervention une milice constituée des Rwandais, des policiers ainsi que des Bana Mura afin d’imposer l’arrêté qu’Il avait pris, instituant Ntenda comme chef coutumier à la place du chef Kamuina Nsapu qui sera tué et dont le
corps sera exposé au stadium de l’Espoir à Kananga, où le ministre de l’Intérieur va confirmer, publiquement le décès du chef coutumier.

Indignés, les ressortissants de son clan vont demander que le corps de l’illustre disparu leur soit remis afin de procéder à l’enterrement, conformément aux rites coutumiers. Cette demande sera rejetée, ce qui va déclencher un soulèvement populaire des ressortissants du village Kamuina Nsapu se trouvant dans tous les coins du Kasaï Central.

Le remplaçant de Boshab au ministère de l’Intérieur, Emmanuel Shadari, ayant appris le soulèvement des adeptes du chef Kamuina Nsapu, va envoyer les forces de l’ordre qui vont opérer un massacre sans précédent. Elles vont violer des femmes, des jeunes filles et piller des villages entiers.

En 2017, le Premier ministre Bruno Tshibala, le ministre de l’Intérieur, Emmanuel Shadari, et d’autres membres du gouvernement vont effectuer une descente dans le Kasaï Central afin de négocier la paix.

Ils vont promettre de rendre le corps du chef et demander à sa famille biologique d’appeler à l’apaisement tous ceux qui s’étaient soulevés contre l’autorité de l’État, avec la promesse de ne pas initier des poursuites contre eux.

Contrairement à cette promesse, une vague d’arrestations et de détentions “illégales” de plus de 200 personnes seront effectuées dans plusieurs coins du Kasaï Central.

Acharnement du régime Kabila contre les Kasaïens

Certaines des personnes arrêtées seront transférées au cachot de la DEMIAP à Kinshasa, où elles ont été torturées afin de les forcer à déclarer que leur soulèvement était financé par l’opposant Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, actuel Chef de l’État, et Moïse Katumbi, note l’ASADHO.

Ils vont passer plus de 3 mois de détention au cachot de la DEMIAP et plus de 6 mois au cachot de l’ANR.

Calvaire !

En septembre 2018, elles vont être envoyées à la prison de Kananga où ils vont passer près de 8 mois.

Le 14 mai 2019, un groupe de 50 personnes sera conduit de la prison de Kananga à l’Inspection provinciale de la Police, sous prétexte qu’elles vont être identifiées par les agents du service DDR sur ordre du commandant de zone opérationnelle. Curieusement six personnes seulement seront identifiées.

Une somme de 5000 FC sera remise à chacune d’elles avec promesse d’aller continuer le paiement à Kinshasa.

Le 17 mai 2019, elles prendront un avion à destination de Kinshasa via Lisala, où 33 personnes seront débarquées pour une destination inconnue.

Les 17 autres seront conduites à Kinshasa, à la prison militaire de Ndolo où elles sont détenues “illégalement” jusqu’à ce jour.

Le 5 septembre 2020 aux environs de 10h00, un des leurs, Kambulu Kumande Mpampa Albert, chef du groupement de Bena Mbiyi Mpampa, village de Mpampa, territoire de Kamonia, secteur de Lunyeko, district de Lulua, province du Kasaï Central, a été extrait de la prison pour une destination inconnue jusqu’à ce jour.

Certaines de ces personnes sont détenues “illégalement” et “sans dossier”. Elles ne sont même pas informées des infractions qui sont mises à leur charge.

l’ASADHO cite, notamment, Tsilumba Mputu Marcel, Kambulu Kumande Mpampa Albert, Muenyapale Kapo André, Kayembe Tshibondo Pierre et Mande Emmanuel.

L’ASADHO stigmatise ces comportements des agents publics qui foulent aux pieds la Constitution ainsi que les différents instruments juridiques internationaux et régionaux des Droits de l’homme ratifiés par la RDC. Ces actes sont constitutifs de déni de justice à l’égard de ces victimes et appellent des sanctions à l’égard de leurs auteurs.

L’ASADHO recommande au président de la RDC d’ordonner des poursuites contre tous les auteurs ou complices des violations des droits de l’homme en vue de la libération pure et simple de toutes ces personnes détenues irrégulièrement.

L’Auditeur Général des FARDC est prié de procéder à la libération pure et simple de toutes ces personnes.

Par GK

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