samedi, avril 17
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Tshisekedi invalide le but de Ruberwa

Des scènes de liesse, des cris de joie, mais également des danses et réjouissance populaire ont électrisé quelques quartiers de Minembwe, mais aussi au Rwanda. L’atmosphère était mi-figue mi-raisin, parce que les autochtones gémissaient.

Ce sont les Banyamulenge qui sautaient de joie après la création de Minembwe en commune rurale. L’événement a fait déplacer des membres du gouvernement, des responsables militaires, mais aussi des diplomates. Même si les invités ont avoué par la suite avoir été piégés.

Cette action est la concrétisation du décret datant de 2013, signé par des politiciens qui crient aujourd’hui à la complicité de l’actuel Chef de l’État, Félix Tshisekedi. Oui, ils avaient décidé d’ériger cette portion de terre en commune rurale, mais avaient peur de l’exécution. Certes, ils craignaient le courroux de la population. Plusieurs observateurs assimilent Minembwe au cheval de Troie.

Le moment était venu de passer à l’acte, parce que c’est un autre qui est aux commandes. Pour ce faire, le sempiternel ministre de la Décentralisation, Azarias Ruberwa mobilise le monde, sans en informer le premier Congolais. Des questions demeurent oratoires quant à la motivation réelle ou supposée de commencer par là, alors que le décret concerne plus de trois cents communes. Minembwe n’était pas un cas isolé, ni une urgence non plus.

L’Éternel ministre de la Décentralisation considéré comme “Messi” par ses frères, peut se frotter les mains pour cette victoire, un but marqué. Entre temps, des remous fusent de partout. Au centre des polémiques, Félix Tshisekedi. Pour les uns, le Chef de l’État est “complice, traître, il a vendu une portion de terre au Rwanda“. “Pour qui roule Tshisekedi ?”, s’interroge Monseigneur Sébastien, évêque d’Uvira lors d’un point de presse animé pour la circonstance, dans la salle des réunions de la paroisse Sainte Anne à Gombe.

Drôle d’accusation, tous ont oublié que Ruberwa n’a fait qu’exécuter ce qui a été décidé sans Tshisekedi en 2013. Pas besoin de calculette pour trouver les noms de ceux qui étaient au pouvoir en ce temps-là. Au Grand Kivu comme à Kinshasa, dans la diaspora comme à l’intérieur du pays, “Tshisekedi a trahi”. Martin Fayulu décide même d’éventrer le boa. Il a matière et annonce un point de presse pour tout déballer.

Honoré Ngwanda monte au créneau et pointe du doigt le Président de la République. L’occasion faisant le larron, on suscite les vieux démons, on remue le couteau dans la plaie. “Le silence de Tshisekedi est révélateur d’un complot contre la République. Pourquoi ne dit-il rien?“, s’interroge un cadre de Lamuka sur un plateau de télévision.

Au stade des Martyrs

Tout semble se passer dans un stade de football. Les tireurs de ficelles sont dans les gradins, ils donnent l’impression d’être frustrés, mais en réalité ils jubilent et applaudissent le but marqué par Ruberwa.

Tous les spectateurs sont en mouvement. 99.9% crient et estiment que Ruberwa était en position de hors-jeu. Curieusement, ceux qui sont en dehors du stade (les Rwandais) et suivent la rencontre par visioconférence festoient. Les lamentations et les gémissements des Congolais redoublent parce que le but du supposé “Messi” est marqué dans le temps additionnel.

Mais attention ! L’arbitre est le fils d’Étienne Tshisekedi qui préconisait le retour des Rwandais au Rwanda pour éviter l’amalgame. Le seul maitre du terrain, ne valide ou n’invalide du coup le but, mais sollicite l’assistance vidéo (AVAR). Oui, c’est ce qu’il est allé faire à Goma.

Là-bas, le cinquième Chef de l’État congolais relève également le défi sur sa sécurité. Certains avaient pronostiqué sur sa crainte de se rentre à Goma. Mais l’homme était bien outillé. Une unité d’élite, un commando américain armé jusqu’aux ongles assure la garde “Béton”, à côté de la Garde républicaine congolaise.

Après consultation, Félix Tshisekedi invalide le but de Ruberwa. Du coup, la joie change de camp. Les Kivutiens hostiles à l’actuel Chef de l’État sont obligés de changer de langage et magnifient désormais la sagesse de Salomon. C’est ça “Realpolitik” : ni optimiste, ni pessimiste, mais plutôt réaliste.

Par Bajika Édouard

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