dimanche, mars 7
Shadow

Partie de Poker au sommet de l’Etat

“Nous avons simplement dit au Président de la République que nous sommes attachés aux textes”, dixit le speaker du Sénat. Langue de bois ? Assurément pour les non -initiés. Mais surtout une litote enveloppée dans un euphémisme qui en dit long sur la tripartite d’hier.

Tout, sauf une rencontre protocolaire sur fond de salamalecs. Plutôt, une vraie partie de poker entre au fond les deux coalisés avec pour enjeu la maîtrise d’un levier hyper important du pouvoir. A savoir la Cour constitutionnelle. Celle-là, même qui arbitre le différend constitutionnel, surtout qui valide le jeu électoral au départ comme à l’arrivée. En somme, l’alpha et l’oméga de l’architecture électorale.

Or, avec la démission ” volontaire “, ” arrangée ” ou ” forcée”-à l’intéressé de qualifier son acte- du Président de la Haute cour Benoît Lwamba ; la -mise à l’écart ?- querellée de deux autres juges, les équilibres des années JKK sont passablement rompus.
Pas besoin d’être prestidigitateur pour savoir à qui ou à quel camp profite ce quasi big bang à la Cour constitutionnelle. Un véritable crime de lèse-accord de coalition vu de la Kabilie.

Pour le tandem Mabunda-Thambwe, l’heure de la revanche ou de la séquence “retenez-moi… ou je fais un malheur ” a sonné. Si le Président de la république, avait semblé prendre de vitesse ses partenaires en alignant, en juillet dernier, des ordonnances sur l’Armée et la Magistrature, voilà que ces derniers se rappellent à son bon souvenir. Constitution et loi organique sur la Cour constitutionnelle en bandoulière.

D’où l’attachement aux textes répété par cœur et en chœur par les speakers de deux chambres législatives. La Présidente de l’Assemblée nationale et son collègue du Sénat sachant parfaitement que tout se joue à la prestation de serment. Sans la caution de deux assemblées, l’entrée en fonction de trois nouveaux juges ne vaut pas un penny. On en est là.

Alors, de l’eau dans le gaz au sommet de l’Etat ? Possible. Mais, si tel est le cas, cette tension est contrôlée. Objectif, parvenir à une solution médiane. Au plus fort du partage équitable et équilibré du pouvoir, feu le Maréchal-Président aurait parlé de fifty-fifty.

Tiens ! Coalition rime avec partage équitable et équilibré. On l’aura compris. L’enjeu vaut bien une partie de poker.

Par José Nawej

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