jeudi, février 25
Shadow

Pour qui sonnera le glas du tournant ? 

D’emblée des certitudes. La coalition grabataire FCC-CACH vient de rendre son dernier soupir. Non de suite du ou de la Covid-19, mais par euthanasie opérée par l’un de ses deux géniteurs, en l’occurrence Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Constat du médecin légiste dressé le sixième jour du mois de décembre de l’an deux-mille vingt.
Comme pour les victimes du Coronavirus, la dépouille FCC-CACH a été enterrée en urgence hier même. Et la dernière pelletée de terre a été jetée par les partisans du parent qui a euthanasié le rejeton âgé de presque deux ans.

La nature a horreur du vide, foi d’Aristote. Mais, il serait encore prématuré de s’exclamer : “un autre enfant nommé Union sacrée de la nation nous est né !“.

N’empêche. Le quinquennat Fatshi et la législature correspondante se trouvent à un tournant. En annonçant la nomination dans les prochains jours d’un informateur, l’homme du 24 janvier 2019 a franchi le Rubicon. Cette allusion historique à Jules César qui passa outre l’interdiction du Sénat et fit franchir à ses armées la célèbre rivière pour se diriger vers Rome ne serait pas pour déplaire aux sociétaires du Front commun pour le Congo (FCC).

Comme le généralissime romain, le chef de l’Etat rd congolais prend-il un gros risque ? C’est sans doute la grande question du lendemain du coup de poker présidentiel.
Aux écuries qui se font face -y compris leurs éminences grises respectives- de s’écharper sur la légalité ou pas de l’initiative du chef de l’Etat. Habitant de “la République des professeurs”, les congolais sont coutumiers du fait.

Une évidence cependant : il y aura bien un avant et un après discours présidentiel d’hier dimanche 6 décembre. “Le Fatshi nouveau”est bien arrivé ! Tels les rois mages, des signes avant- coureurs constitués par une occupation, par petites touches, du champ régalien préfiguraient le grand coup du Président.

La Justice-avec la chute du VPM Tunda non remplacée depuis -, l’Armée et la diplomatie ont été extirpées sinon habilement, du moins discrètement du domaine de collaboration. S’il a à peine vu venir le fils du sphinx, le désormais ex- allié FCC semblait plus porté sur les équations individuelles de ses éléphants qui croyaient avoir déjà préempté le gouvernement Ilunga pour un autre.

Bref, les poids lourds de la kabilie avaient les yeux rivés davantage sur le partage à venir que sur comment contrer dans le chef de leur partenaire le dicton selon lequel “l’appétit vient en mangeant”. Ou même se souvenir qu’un jour par un lapsus -contrôlé, révélateur ? – notre Fatshi national avait lâché une phrase fort peu en phase avec l’esprit coalition : “déboulonner la dictature !”. Cette heure-là a-t-elle sonné ? C’est tout comme.

Un bémol, lorsque la partie a pour terrain la RDC, bien malin qui pourrait pronostiquer l’issue de ce mano a mano Fatshi-JKK. Ici, marquer des points n’est pas forcément signe de victoire. Le “qui perd gagne” étant l’un des paramètres de ce drôle de jeu d’échecs.

Si l’on ne saurait dire pour qui sonnera le glas, force est déjà de constater que le peuple n’intervient que comme variable d’ajustement… politicien. C’est le hic des hics depuis que le pouvoir pour… le pouvoir assaisonné de discours sans résonnance concrète tient lieu de politique.

Par José Nawej

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