jeudi, février 25
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[Tribune] “Si l’Union sacrée de la Nation veut survivre…

Le 23 octobre 2020, le Président Felix TSHISEKEDI surprend les congolais en annonçant les consultations des leaders politiques et sociaux du pays pour créer l’Union Sacrée de la nation. Le 06 décembre 2020, après plus de 20 jours des consultations, le Président de la République rend compte des conclusions des consultations avec une annonce importante, la fin de la coalition CACH-FCC et la création de l’Union Sacrée de la Nation.

Quelques jours après cette adresse du Président, les uns et les autres commencent à rallier l’Union Sacrée de la Nation. On sent que même au sein du FCC les lignes bougent.

Le premier succès de l’Union Sacrée de la Nation est la chute spectaculaire du bureau de l’Assemblée Nationale dirigée par Madame Jeanine MABUNDA. Avec cette chute, on sent que les membres du FCC qui étaient habitués à parler avec arrogance à tout le monde commencent à adoucir leur langage. Mais trop tard, un autre vent souffle sur le pays. Savoir lire les signes de temps est la chose qui manque à beaucoup d’hommes et femmes politiques du Congo.

Mais l’Union Sacrée à laquelle une grande partie des congolais adhère est-elle le changement attendu par le peuple congolais ? Va-t-elle durer longtemps ?

Si la réponse à la première question peut encore attendre qu’on voie la direction que l’Union Sacrée va prendre, je peux me permettre d’aborder la deuxième question. Mais pour que l’Union Sacrée soit le changement attendu, il faut qu’elle travaille, non pas pour l’intérêt partisan des partis et regroupements politiques, mais du peuple congolais. Ce qui est un grand défi. Mais pour que l’Union Sacrée dure longtemps, il semble que certaines précautions doivent être prises :

  1. Le partage de responsabilités doit se faire proportionnellement au poids politique de chaque parti politique ou du travail réalisé par chaque personnalité dans la mise en place de l’Union Sacrée.
    Tous ces hommes et femmes politiques qui rallient l’Union Sacrée ne le font pas seulement pour plaire au Président, ils ont aussi besoin de se positionner politiquement soit au sein de l’Union Sacrée, au Bureau de l’Assemblée Nationale, au Gouvernement ou dans les entreprises publiques. Ne pas le reconnaitre est une hypocrisie qui risque de détruire l’Union Sacrée dans quelques mois. Pour donner à l’Union Sacrée la chance de vivre longtemps et éviter des frustrations, le partage des responsabilités doit se faire en suivant le poids politique de chaque parti(le nombre des députés que chaque parti politique apporte à l’Union Sacrée, le soutien à la conception et la matérialisation de l’Union Sacrée…). Et les critères de partage responsabilités doivent être définis de manière juste et objective avant et doivent être connus de tous. C’est ici que le Cabinet du Président doit jouer un rôle crucial.

2) Les structures de l’Union Sacrée doivent être confiés à des hommes et femmes ouverts et capables de voir plus loin que leur nez.

L’Union Sacrée doit être un lieu où on débat des questions de gouvernance du pays de manière démocratique et où chaque membre de la structure peut s’exprimer ouvertement et librement. Il faut éviter que les structures de l’Union Sacrée ne soient prises en otage par un petit groupe d’individus qui dicte tout et qui décide de tout sans débat démocratique. Pour arriver à cette ouverture, il faut des hommes et des femmes à esprit large et démocrates. Les extrémistes de tous bords doivent être écartés.

3) La première préoccupation de l’Union Sacrée doit être de répondre aux préoccupations des congolais.
Le peuple doit voir et sentir que le travail principal de l’Union Sacrée n’est pas la conservation du pouvoir à tout prix, n’est pas d’organiser des coups contre les autres forces politiques du pays qui ne sont pas ses membres, mais de pousser ceux qui seront au pouvoir à changer le quotidien de congolais en apportant la sécurité, l’électricité, l’eau potable, la nourriture, l’éducation, les soins de santé… C’est le vrai changement. Le vrai changement n’est pas de donner la majorité au Président de la République, mais de changer le vécu des congolais. Si tout le monde comprend ca alors la majorité ne sera qu’une modalité pratique pour atteindre ce but ultime de servir les congolais. Le peuple doit rester vigilant sur cet aspect.

Si ces conseils ne sont pas pris en compte, l’Union Sacrée connaitra le même sort que le FCC. Si l’Union Sacrée est mise en place pour que le peuple congolais se retrouve, il vivra longtemps.

Tribune écrite par devoir et par amour pour les congolais.

Par Me Jean Claude KATENDE, le Gardien du Temple.

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