jeudi, février 25
Shadow

Covid-19: Les Jeunes et enseignants paient le lourd tribut

La Jeunesse est l’avenir d’une nation et l’éducation, un moteur de développement d’un pays. En République démocratique du Congo (RDC), cette réalité semble ne pas être prise en compte. La jeunesse et l’éducation sont remises en arrière-plan, au nom de la maladie à Coronavirus.

En effet, le gouvernement congolais a décidé, au mois de décembre 2020, d’anticiper le congé relatif aux festivités de Noël et de nouvel an. Pour cause, le risque de contamination de la Covid-19 dans les milieux scolaires et universitaires. Ce, avec la possibilité de reprendre les cours, le 05 janvier 2021. Ce qui n’est pas fait jusqu’à ce jour, le congé ayant été prolongé pour la même cause.

Entre-temps, tous les autres services et activités peuvent se dérouler sans inquiétude aucune, sur l’ensemble du territoire national. Tandis que, l’observance de certaines mesures barrières a été exigée de tout citoyen. Notamment, le port obligatoire de masque, le non-rassemblement de plus de 10 personnes (le cas de fêtes de mariage). À cela, il faut ajouter le couvre-feu qui devralt s’étendre de 21h à 5h du matin.

Cependant, le constat est tout autre sur le terrain. Parlant du couvre-feu, plusieurs témoignages démontrent que dans certains quartiers de Kinshasa, les gens se promènent jusqu’aux petites heures, sans être inquiétés par les services de sécurité. Nos sources renseignent que cela est dû à la frustration de certains policiers commis à la patrouille. Les mêmes sources affirment que, ces agents de l’ordre sont mécontents car, semble-t-il, ils ne gagnent rien de ce couvre-feu.

Incertitudes

Selon la même source, le couac serait au niveau de la décision des autorités qui veulent que les récalcitrants soient arrêtés et amenés dans un poste de la Police où il devraient passer nuit puis, être relâchés à 5h du matin sans payer aucune caution ni amende. Voilà qui justifie le sabotage du couvre-feu par certains policiers qui préfèrent négocier avec les récalcitrants et les laisser partir, au lieu de les arrêter et les amener au sous-commissariat pour ne rien recevoir en retour.

C’est pareil pour le port de masque, une activité plutôt rentable au bénéfice des policiers, lors de la première vague de Covid-19. Il suffisait de surprendre quelqu’un sans cache-nez, même devant sa résidence, le tout se règle entre l’agent et sa proie. Ces hommes en uniforme étaient plus motivés et pouvaient être perceptibles à chaque 10 m. Ce qui n’est pas le cas pour cette deuxième vague avec ses mesures d’accompagnement “porte-malheurs”.

Ce qui est plus curieux avec la deuxième vague de Covid-19, chantée la plus dangereuse, c’est l’acharnement sur les écoles et universités qui ont été sommées de fermer. Alors que Églises, bars, centres commerciaux, boîtes de nuit, divers rassemblements sont autorisés à poursuivre leurs activités comme si de rien n’était. Mais, les études ont montré que les enfants et les jeunes sont moins allergiques et moins affectés par cette maladie depuis son apparition.

En outre, la distanciation sociale requise dans les lieux publics tels que les transports en commun, des lieux de culte et des buvettes n’est pas du tout obtempérée. Aucune mesure coercitive pour réduire le nombre de passagers à bord d’un transport en commun n’a été donnée à ce jour, comme ce fut le cas lors de la première vague de Covid-19.

Si il est vrai que la deuxième vague de Covid-19 est plus dangereuse que la première et que le risque de contamination est élevé, pourquoi cette démission de l’autorité et des agents de l’ordre ? Pourquoi ce relâchement et légèreté dans la prévention ? Pourquoi cet acharnement sur les étudiants et écoliers ? Quel risque de contamination on trouve dans les établissements scolaires qu’on ne peut pas trouver dans des églises, transports en commun, bars, night-clubs et autres rassemblements ? Pourquoi cette injustice sociale contre notre jeunesse censée être le socle du devenir de notre pays? Toutes ces questions méritent d’être posées dans le contexte actuel et réponses claires et précises devraient être données.

La Jeunesse paie le lourd tribut

L’éducation et l’avenir de nos enfants sont mis en jeu. Ils sont les seuls et, par extension leurs enseignants, à payer le lourd tribut. Ils sont sacrifiés. Même les programmes numériques, virtuels et télévisés mis en place lors de la première vague ne sont plus d’actualité, ils sont suspendus. Que deviennent nos enfants s’ils ne sont pas occupés ? Les seuls ouvriers et employés malheureux sont des enseignants surtout ceux des établissements privés. Ils sont les plus touchés par cette fermeture d’écoles et, par ricochet, cloués au chômage forcé. La plupart d’entre eux ne sont payés qu’en fonction de leur prestation. Alors que beaucoup sont des parents et locataires, ils vivent une période cauchemardesque de leur vie.

Qu’avons-nous fait à l’État congolais pour mériter cette injustice sociale“, s’interrogent certainement les enseignants, élèves et étudiants. Que dire alors de parents d’élèves et étudiants qui se sont battus pour payer les frais de scolarité de leurs enfants ?

L’État congolais devrait revoir sa politique de gestion de la pandémie. Les enseignants, les élèves et étudiants devraient bénéficier des mêmes droits que tous les congolais. Car, ils ont droit à la vie pour les uns, et à l’éducation pour les autres. Les enfants et les jeunes étant moins allergiques à la Covid-19, nous devrions leur donner la chance de récupérer leur programme des cours qu’il n’ont pas pu bien suivre l’année passée. Au lieu de laisser opérationnels certains lieux à haut risque tels que, les églises, bars, rassemblements et transports en commun avec un nombre excessif de passagers.

En tout état de cause, il y a nécessité de revenir les choses pour ne pas perdre de vue l’essentiel.

Par Stanislas Ntambwe

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *