vendredi, mars 5
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Et quid de ces millions d'”Attanasio” anonymes ?

Notoriété oblige. L’onde de choc du meurtre de l’ambassadeur d’Italie en RDC a été planétaire. Pour extrêmement douloureux qu’il soit, ce meurtre est loin d’être un cas isolé. Pis, il fait partie de l’écosystème des Congolais qui vivent dans la partie Est de la République.

Chaque jour qui passe, des compatriotes sont arrachés à l’affection des leurs dans les mêmes conditions que le diplomate italien. Ils se comptent, hélas, par millions depuis que le Kivu, l’Ituri et une partie du nord-Katanga sont devenus le théâtre d’une tragédie à huis clos.

Des “guerres- business” croisées qui insécurisent cette région. Des conflits- hors-caméra et off the record- oubliés ou tolérés, dont des Congolais anonymes paient journellement le tribut du sang. Ces “sans- grades” et “sans- dents” n’ont personne pour annoncer leur mort. Les pleurs de leurs proches sont couverts par des crépitements des balles.

A deux mille kilomètres de là, les autorités centrales-à l’instar du reste de la classe politique- sont davantage occupées à se régler des comptes et à se partager le gâteau qu’à consacrer de leur temps à ces guerres qui n’ont que trop duré. Depuis les années Kabila, des engagements à en finir avec l’insécurité dans l’Est s’amoncellent. Le nouveau pouvoir n’a pas été non plus avare de promesses.

Durant sa campagne électorale, le candidat Félix-Antoine Tshisekedi avait promis d’établir son état-major dans les Kivu. A la manière de Dupont et Dupond de la série “les aventures de Tintin”, l’autre candidat de l’opposition, Martin Fayulu y était allé de son “Je dirais même plus”. A sa décharge, il n’a pas été proclamé élu.

Devenu Président de la République, Tshisekedi Tshilombo a annoncé urbi et orbi qu’il prendrait ses quartiers à Goma. Au temps qui est le meilleur juge d’apprécier.
Ces promesses ne sont, hélas, pas suspensives du drame que vivent les Congolais de la partie orientale du pays. Le meurtre de l’ambassadeur italien va-t-il enfin sonner le tocsin la prise de conscience de l’establishment rd congolais et le glas des tireurs de ficelles ainsi que leurs sous-traitants régionaux et locaux ?

Car, s’il est une leçon majeure à tirer de l’attentat contre le convoi de l’ambassadeur d’Italie, c’est que personne n’est immunisé contre l’insécurité et l’instabilité entretenues à l’Est. Il arrive que des concepts relevant de l’oxymore de la géopolitique ou du capitalisme affairiste comme “la stratégie du chaos”, “la guerre plus rentable que la paix”, “no war, no job, no business” débouchent sur un désordre que plus personne ne contrôle. Y compris les parrains et les bénéficiaires collatéraux.

Par José NAWEJ

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